26/02/2024

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Kwilu: menace de mort contre Blaise Bulabula pour avoir refusé d’être nommé chef coutumier

Originaire de la province du Kwilu dans le territoire de Bulungu, au Grand Bandundu, en République démocratique du Congo, Blaise Bulabula est victime de la coutume  de sa tribu «Yansi». Selon la hiérarchie coutumière du village de son père et de celui de sa mère, il est le seul successeur valable des chefs coutumiers actuel de ces deux entités.

Il est successeur valable du chef coutumier Jacques Sima, un député honoraire. Vu l’âge avancé de Jacques Sima, Blaise Bulabula est appelé à le succéder au trône du village «Mayoko Sakasaka».  Mais ce dernier est catégorique dans sa position.

Réclamé entre deux villages, l’un du côté de son père biologique et l’autre de sa mère biologique, Blaise Bulabula a refusé d’être intronisé pour accéder au pouvoir. D’un côté, Blaise Bulabula étant de la lignée de chefs coutumiers de ses deux parents, le chef coutumier de la famille de son père étant décédé, la famille de son père lui oblige de prendre le trône avec condition d’épouser sa propre sœur pour protéger le pouvoir. Ce que Blaise Bulabula rejette avec force.

Selon un proche de la famille et notable du secteur, M. Bertin Mumbala, qui s’est livré à notre correspondant de la province du Kwilu, le refus de Blaise Bulabula est motivé par le mariage incestueuxqui lui est imposé par les deux familles, de son père et celle de sa mère. Disputé entre les deux familles, Blaise Bulabula n’a voulu accepter ni l’une, ni l’autre. Vu que les deux familles lui proposaient la nomination avec les mêmes conditions. Selon les us et coutumes de deux cotés, tout nouveau chef doit impérativement épouser sa propre sœur du même sang, avant d’accéder au pouvoir. Chose que Blaise Bulabula ne veut pas cautionner. «En tant que chrétien fervent, Bulabula ne se voit pas s’engager en mariage avec sa propre sœur et commencer à faire des enfants avec elle, ce que je trouve personnellement  tout à fait normal», précise le notable Mumbala.

Après ce refus, les deux familles se soupçonnent et entrent en conflit. L’une  pense que l’autre est derrière le refus  de Blaise Bulabula et vice-versa. Ce conflit ethnique va se solder par une bagarre qui provoquera le soulèvement de deux villages avec un bilan tragique de perte en vies humaines dont 20 morts, 55 maisons brûlées et plusieurs blessés. Le secteur «Dwe» va faire appel à la police du territoire de Bulungu pour calmer la situation. L’homme a frôlé la mort. Après avoir échappé au lynchage de la population villageoise de deux villages,  Blaise Bulabula sera arrêté, jugé et innocenté par le parquet du territoire de Bulungu, avant d’être relaxé.

Après son relâchement, Blaise Bulabula regagne Kinshasa. Dans la capitale, c’est le début d’un autre chapitre.   Les menaces de mort contre sa personne ont continué leur cours et les enlèvements se sont suivis. C’est comme ça qu’il se décide de porter plainte à la police criminelle de Kinshasa, sans succès, selon la même  source. Passant à une vitessesupérieure, il saisit le parquet, sans suite également.C’est alors qu’il va fuir à Matadi, dans la province du Kongo central, pour se trouver un refuge sûr. Mais les menaces n’ont pas cessé.

Il retourne encore à Kinshasa. Cette  fois-là, Jacques Sima, chef coutumier du village Mikingi, frère biologique de la mère de Blaise, Dias Diankudi, directeur général de l’IPS et José Mayele, major de la police nationale congolaise, tous membres de deux familles de Blaise, ainsi que des ressortissants de ces deux villages(Mayoko Sakasaka et Mikingi) vivant à Kinshasa, vont  miser de leur influence pour éliminer Blaise Bulabula physiquement, car disent-ils, des villages sont brûlés, des gens ont perdu la vie dans la province, à cause de lui.

 

Quelques jours après son retour de Matadi, Blaise Bulabula sera victime d’un dossier monté de viol sur une mineure pour le faire subir la rigueur de la justice. Il n’a pas hésité de se présenter au parquet pour prouver son innocence devant la justice. Après l’avoir entendu, le parquet décide de repousser le rendez-vous pour 3 jours, car la prétendue jeune fille violée ne s’est pas présentée. Curieusement, deux jours avant le  prochain rendez-vous au parquet, un avis de recherche de la justice contre Blaise Bulabula circule sur les réseaux sociaux.

Ayant vu cet avis de recherche, Blaise Bulabula se met à dénoncer à la presse: «Dans ce pays, nous n’avons pas de justice. Nous avons des juges corrompus dans notre appareil judiciaire. C’est la justice des riches. Je me suis présenté physiquement le premier jour. Ce juge, ayant reçu un pot-de-vin de la part de Jacques Sima, cherche à me condamner, alors que le procès était renvoyé à 3 jours».

Et d’ajouter : «C’est la deuxième fois. Quand j’avais eu un procès contre la société de Parifoot où je travaillais, le juge avait préféré faire gagner cette entreprise de pari sportif contre un pot-de-vin. C’est vraiment la justice de riches».

Après ces propos, Blaise Bulabula a vu un autre avis de recherche. Cette fois-ci, il est activement recherché pour outrage la justice. Donc, il a deux dossiers maintenant. Mais il est introuvable jusqu’ici. Ses camarades espèrent encore que la justice sera faite.