07/12/2025

Le Regard

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Le PAM et la FAO appellent à une action urgente face à l’aggravation de la faim en RDC

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture -FAO- et le Programme alimentaire mondial -PAM- mettent en garde aujourd’hui contre l’aggravation de la crise humanitaire en République démocratique du Congo, l’insécurité alimentaire aiguë restant obstinément élevée et les niveaux de faim d’urgence explosant dans les provinces orientales touchées par le conflit.

D’après la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), 26,6 millions de personnes à travers le pays devraient être confrontées à une insécurité alimentaire critique, voire pire (phase 3 et plus de l’IPC), d’ici début 2026, dont 3,9 millions de personnes en situation d’urgence alimentaire (phase 4 de l’IPC). Ces chiffres sont en hausse par rapport aux données actuelles, qui s’élèvent respectivement à 24,8 millions et 3,2 millions.

L’insécurité alimentaire est grave dans les provinces de l’Est

La crise alimentaire est particulièrement grave dans les provinces orientales du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika, touchées par le conflit. La violence persistante, les déplacements de population et l’accès humanitaire limité aggravent encore l’insécurité alimentaire dans ces régions. D’ici janvier 2026, plus de 10 millions de personnes dans ces quatre provinces – soit environ un tiers de la population locale – devraient être confrontées à une insécurité alimentaire critique, voire pire, et lutter quotidiennement pour satisfaire leurs besoins alimentaires de base. Parmi elles, 3 millions de personnes souffrent déjà de la faim en situation d’urgence, ce qui représente 75 % de l’ensemble des personnes dans cette situation à l’échelle nationale et une augmentation de 700 000 personnes depuis mars 2025.

La malnutrition infantile demeure une préoccupation dans les provinces orientales d’Ituri, du Sud-Kivu et du Tanganyika, où la faible diversité alimentaire, l’accès limité aux soins de santé et les épidémies récurrentes continuent d’aggraver la situation.

Au-delà de ces régions, la malnutrition est un problème répandu dans tout le pays. Près de la moitié des enfants de moins de cinq ans — soit environ 3,2 millions — souffrent de retard de croissance dû à une sous-nutrition chronique, ce qui nuit gravement à leur croissance et à leur développement. Une analyse de la malnutrition aiguë (MA) menée par le Cadre intégré de prévention et de contrôle des maladies (IPC) est actuellement en cours afin de mieux comprendre l’ampleur du problème.

Opérations de la FAO en RDC

« L’aide agricole d’urgence est l’un des moyens les plus rentables de répondre aux besoins humanitaires urgents », a déclaré Athman Mravili, représentant par intérim de la FAO en RDC. « En fournissant aux familles vulnérables et déplacées les outils nécessaires pour cultiver leurs propres aliments et générer des revenus, ce soutien permet non seulement de lutter contre la faim immédiate, mais aussi de renforcer leur résilience. Surtout, les communautés elles-mêmes considèrent systématiquement l’aide agricole comme une priorité absolue en temps de crise. »

Mais, fin août 2025, la FAO n’avait pu venir en aide qu’à 217 000 personnes sur les 3,6 millions prévues, en raison d’un important déficit de financement. Pour 2026, la FAO a besoin de 127 millions de dollars américains pour intensifier son soutien et venir en aide à environ 2,4 millions de personnes.

Opérations du PAM en RDC

Le PAM continue de concentrer son action dans les provinces de l’Est, mais la croissance des besoins menace de saturer des ressources déjà limitées. En 2025, le PAM prévoyait d’aider 2,3 millions de personnes, mais cette aide a été réduite à 600 000 personnes en raison d’un manque de financement, et une interruption totale des approvisionnements est anticipée d’ici février 2026. Les opérations du PAM dans le pays font actuellement face à un déficit de financement de 349 millions de dollars américains jusqu’en avril 2026.

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« Nous travaillons sans relâche avec le gouvernement et la communauté humanitaire malgré la diminution des ressources allouées à cette crise négligée », a déclaré Cynthia Jones, directrice par intérim et représentante du PAM en RDC. « Les derniers chiffres de l’IPC sont sans équivoque : la crise alimentaire dans l’est de la RDC s’aggrave. Sans ressources et mesures urgentes, des millions de vies sont en danger et la stabilité régionale sera compromise. Il est urgent d’agir, avant que les conséquences ne soient irréversibles. »