À quatre jours de la marche annoncée par l’Union sacrée de la nation -USN-, le ton est monté d’un cran entre la majorité présidentielle et la Coalition Article 64. Réunis samedi 18 juillet 2026 à Kinshasa, les partis et regroupements politiques de la plateforme du président Félix Tshisekedi ont transformé leur matinée politique en une véritable démonstration de mobilisation en faveur de la marche du 22 juillet, tout en lançant une contre-offensive politique et juridique face aux revendications de l’opposition.

Au siège de l’Union sacrée, sur le boulevard du 30 Juin dans la commune de la Gombe, le secrétaire permanent de la plateforme, le professeur André Mbata, a réuni les cadres, militants et jeunes issus notamment de l’UDPS, de l’AREP de Guy Loando, de l’AVC et tant d’autres formations politiques.
L’objectif affiché était de préparer la marche prévue le 22 juillet afin de soutenir les institutions de la République, le président Félix Tshisekedi, les Forces armées de la RDC -FARDC- ainsi que les combattants Wazalendo engagés contre l’agression rwandaise.

La rencontre a également servi de cadre pour expliquer aux jeunes les enjeux liés au projet de révision constitutionnelle et au référendum défendu par la majorité présidentielle. André Mbata a toutefois précisé que la décision définitive sur la tenue de cette manifestation devrait être prise par le présidium de l’Union sacrée lors d’une réunion prévue ce lundi 20 juillet.
Mbata démonte l’interprétation de l’Article 64 par l’opposition
S’adressant à une audience acquise à sa cause, André Mbata s’en est vivement pris à la Coalition Article 64, qui prévoit elle aussi une marche le 22 juillet pour dénoncer le projet de changement de la Constitution et réclamer la démission du Chef de l’État. Selon lui, les leaders de cette coalition instrumentalisent un article de la Constitution qu’ils ne maîtrisent pas.

«Ceux qui réclament le respect de la Constitution ne connaissent ni ne lisent la Constitution», a-t-il lancé, avant de rappeler que l’article 64 autorise le peuple à s’opposer uniquement à «tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la Constitution».
Interrogeant la foule, il a demandé si Félix Tshisekedi avait accédé au pouvoir par la force, recevant en retour un «Non» unanime. Poursuivant son argumentaire, le professeur Mbata a insisté sur le second alinéa du même article, qui prévoit que toute tentative de renversement du régime constitutionnel est punie par la loi.

Il a ainsi estimé que les initiateurs de la Coalition Article 64 devraient renoncer à cette appellation, jugeant qu’elle ne correspond ni au contenu de la Constitution ni à leurs objectifs politiques. Pour lui, rien ne peut empêcher le peuple de se prononcer par référendum si les procédures prévues par la Constitution sont respectées.
Une marche présentée comme un soutien aux institutions
Face aux critiques de l’opposition, André Mbata a insisté sur le caractère institutionnel de la manifestation annoncée par l’Union sacrée. Selon lui, cette marche n’est dirigée contre aucun individu, mais vise à exprimer un soutien aux institutions de la République, au président de la République en tant que symbole de l’unité nationale, aux juridictions du pays, aux FARDC ainsi qu’aux Wazalendo engagés dans la défense de l’intégrité territoriale.

Dans un contexte politique marqué par une forte polarisation autour du débat sur une éventuelle révision de la Constitution, la journée du 22 juillet s’annonce comme un moment décisif. Si la majorité présidentielle entend démontrer sa capacité de mobilisation derrière Félix Tshisekedi, l’opposition réunie au sein de la Coalition Article 64 entend, de son côté, faire entendre sa voix contre toute modification de la Loi fondamentale.
Les regards sont désormais tournés vers la décision attendue du présidium de l’Union sacrée ce lundi 20 juillet, qui devra confirmer ou non le maintien de cette démonstration de force politique.
Plus d'histoires
RDC: Blandine Muchipula signe la Charte de l’Union sacrée et réaffirme sa loyauté à Félix Tshisekedi
La C64 exige le procès Minaku-Shadary et maintient le 15 août comme date butoir
Fayulu estime que le contrôle technique semestriel des véhicules «ressemble de plus en plus à une arnaque»