23/06/2024

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Pour le député Gratien Iracan, la table ronde sur l’état de siège «est un moyen de dilapider l’argent du contribuable»

Durant trois jours, soit du 14 au 16 août 2023, les participants à la table ronde, venus de différentes institutions, des provinces du pays, les autorités de deux provinces sous état de siège(Nord-Kivu et Ituri), les députés provinciaux et la société civile, ont analysé, à travers trois commissions, les options relatives à la levée, à la requalification ou au maintien de l’état de siège. Dans leurs recommandations, la majorité des parties prenantes ont opté pour la levée de cette mesure.  Dans chacune de ces commissions, plusieurs recommandations ont été formulées et coulées sous forme d’un rapport soumis au Président de la République. Ce forum de consultation est vivement fustigé par le député Gratien Iracan, membre d’Ensemble pour la  République. À travers une conférence de presse, cet élu de Bunia a estimé que cette table ronde n’avait pas de raison d’être, d’autant plus que l’Assemblée nationale dont il fait partie, avait déjà voté une résolution en 2021 pour demander la levée de l’état de siège.

Des participants à la table ronde sur l’évaluation de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri et ceux qui n’ont pas voulu prendre part à ces assises, ont plaidé mercredi 16 aout, pour le retour au fonctionnement normal des institutions dans ces provinces.

Pour le député Gratien Iracan, qui n’a pas participé à ce forum, « l’Assemblée nationale avait déjà voté une résolution en 2021 pour demander la levée de l’état de siège dont les conclusions n’ont jamais été mises en œuvre par le Gouvernement ».

Dans une conférence de presse qu’il animée mercredi à Bunia, ce Haut-Représentant du parti de Moïse  Katumbi a désavoué les démarches de Kinshasa de procéder aux consultations de différentes couches sociales au mépris de la loi. Pour lui, les prérogatives de lever ou pas ce régime spécial revient aux seuls élus du peuple.

À l’en croire, organiser des consultations deux ans après pour demander les avis de différentes couches sociales est un moyen de dilapider l’argent du contribuable.

Cette position n’est pas partagée par les acteurs politiques membres de l’Union sacrée. Sammy Djakwonga, responsable provincial de l’AFDC de Bahati Lukwebo, a quant à  lui, estimé que le Chef de l’Etat qui est le garant du bon fonctionnement des institutions, a le droit d’écouter les avis de la population avant de lever ou non la mesure de l’état de siège.

René Kanzuku