05/03/2024

Le Regard

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RDC: après Fayulu et consorts, le camp Kabila menace de descendre dans la rue, si les élections ne sont pas réorganisées

Le déroulement des élections générales tenues le mercredi 20 décembre 2023 en République démocratique du Congo ne cesse de susciter des réactions septiques dans la sphère politique congolaise. Après la réaction à chaud de 5 candidats présidents au soir de la même journée dont Martin Fayulu et Denis Mukwege demandant la réorganisation de ces échéances électorales,  c’est  le tour du Front Commun pour le Congo -FCC-, famille politique de l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange. Dans un communiqué qui circule sur les réseaux sociaux signé Raymond Tshibanda, président de la cellule de crise et ancien ministre des affaires étrangères, le FCC dénonce des élections chaotiques tenant ainsi le Président Félix Tshisekedi pour seul responsable de ce chaos. De ce fait, il appelle “tous ses cadres et militants à se tenir prêts pour les actions qui vont être décrétées, dans le cadre de cette mobilisation générale, en vue de créer
les conditions du retour à l’ordre constitutionnel aujourd’hui violé, et de rendre le pouvoir au peuple, Souverain primaire, à travers des
élections réellement inclusives, libres et transparentes”.

COMMUNIQUÉ DU FRONT COMMUN POUR LE CONGO (FCC), EN RAPPORT AVEC LES PSEUDO-ÉLECTIONS DE CE JOUR, 20 DECEMBRE 2023

“Mentez, mentez, il en restera quelque chose”

Au moment où, conformément aux prescrits de la loi, la CENI devrait avoir clos les opérations de vote prévues pour ce jour, le Front Commun pour le Congo, FCC en sigle, famille politique de Son Excellence Joseph Kabila Kabange, Président de la République Honoraire, fait la déclaration suivante:

1. Fort de son expérience,
accumulée au terme
d’un référendum et de
trois cycles électoraux
réussis, et prenant à
temoin l’opinion tant
nationale
qu’internationale, le FCC
a, à plusieurs reprises,
tirer la sonnette d’alarme
sur le risque, que faisait
courir à la Nation, un
processus électoral
enclenché et conduit en
violation de la
Constitution, de la Loi
Organique relative à la
Commission électorale
nationale indépendante
et de la loi électorale.

2. Faisant la sourde oreille,
le Président de la
République, et une
Commission électorale
qui n’a jamais si peu
mérité les qualificatifs
de nationale et
d’indépendante, n’en ont
tenu aucun compte.
Comme par défi, envers
et contre tous les
conseils avisés d’ordre
politique, technique,
sécuritaire et logistique,
ils sont allés jusqu’au
bout avec un processus
électoral qui, de l’avis de
tous les observateurs
objectifs, n’était en rien
transparent ou
démocratique et qui
donc ne pouvait
déboucher sur des
élections crédibles,
moins encore apaisées.

3. Force est de constater
ce soir que les craintes
maintes fois exprimées
par le FCC, et
dédaigneusement
ignorées par les tenants
du pouvoir, ont été
largement dépassées
par la réalité. Plus qu’à
une parodie d’élections,
destinée à conférer un
semblant de crédibilité à
des faux résultats
préétablis, c’est à un
véritable naufrage du
processus électoral
maintes fois décrié par
le FCC qu’on a assisté
ce jour. Avec en primes,
l’opprobre et une honte
sans nom pour notre
pays.

4. Grâce aux nouvelles
technologies de
l’information et de la
communication, le
monde entier a en effet
pu suivre en direct le
déroulement chaotique
de cette journée
électorale du 20
décembre 2023 en
République
Démocratique du Congo,
marquée, entre autres,
par les faits saillants
suivants:

4.1. Bien plus que la
moitié des bureaux de
vote n’ont pas été
ouverts;

4.2. Plus des deux tiers
des bureaux de vote
ouverts ont connu des
problèmes de
dysfonctionnement des
machines et autres
équipements de vote;

4.3. Plusieurs bureaux
fictifs, gérés loin des
sites électoraux par des
candidats de l’Union
Sacrée, famille politique
du Président de la
République, ont été
identifiés;

4.4. Plusieurs machines
à voter et bulletins de
vote ont été trouvés
entre les mains des
particuliers, tous
membres, voire
candidats de l’Union
Sacrée ;

4.5. Les listes
électorales n’ont pas été
affichées devant la
plupart des bureaux de
vote, comme l’exige la
loi, mettant ainsi
beaucoup d’électeurs
dans l’incapacité de
trouver leur nom sur
lesdites listes,
d’identifier leur centre et
bureau de vote et
partant, d’exercer leur
droit constitutionnel de
choisir le dirigeant ou
représentant qu’ils
veulent pour eux-mêmes
et pour le pays;

4.6. Des incidents
violents et désordres
graves ont été
enregistrés dans
plusieurs centres de
vote, y rendant
impossible le vote.

5. Au regard de ce qui
précède, le Front
Commun Commun pour
le Congo, FCC en sigle:

5.1. Dénonce le
jusqu’au-boutisme
machiavelique du
pouvoir en place qui
mène le pays au chaos,
ouvre la voie à une crise
aux conséquences
incalculables et tend à
réduire à néant les
avancées engrangées,
depuis 2001, sur le
terrain de la
construction d’un Etat
républicain,
économiquement fort et
socialement solidaire.

5.2. Tient le Président de
la République, qui est
constitutionnellement
garant du bon
fonctionnement des
institutions, pour seul
responsable de ce
chaos électoral, voulu et
organisé par lui et ses
obligés de la CENI;

5.3. Déplore l’attitude de
la communauté
internationale,
partenaires bilatéraux et
multilatéraux confondus,
qui est bizaremment
devenue aveugle et
aphone depuis
l’alternance au sommet
de l’État dans notre pays
en 2019 et qui, au regard
des valeurs et principes
dont elle se réclame,
s’est montrée
complaisante à l’égard
d’un pouvoir dont la
nature dictatoriale est
plus qu’évidente et dont
la gouvernance
politique, économique,
sociale et sécuritaire
constitue une menace
pour la paix et la
stabilité du pays.

5.4. Invite la population
congolaise à se prendre
en charge et, en
application des
dispositions pertinentes
de la Constition, à se
mobiliser, comme un
seul homme, pour
mettre fin à ce régime
dictatorial qui, usant et
abusant de la puissance
publique, gère le pays en
violation de la
Constitution et des lois
de la République;

5.5. Appelle tous ses
cadres et militants à se
tenir prêts pour les
actions qui vont être
décrétées, dans le cadre
de cette mobilisation
générale, en vue de créer
les conditions du retour
à l’ordre constitutionnel
aujourd’hui violé, et de
rendre le pouvoir au
peuple, Souverain
primaire, à travers des
élections réellement
inclusives, libres et
transparentes.

Fait à Kinshasa, le 20 décembre 2023

Pour le Front Commun pour le Congo,

Raymond Tshibanda Ntungamulongo
Président de la Cellule de crise