L’article 110 de la Constitution stipule: «le mandat parlementaire est suspendu (non annulé), en cas d’entrée au gouvernement. Une fois les fonctions ministérielles achevées, le député retrouve son siège de plein droit».
Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, quant à lui, n’oppose aucune barrière à la candidature d’un député ancien ministre à la présidence de l’institution. La seule exigence: être réinstallé et soutenu politiquement.
Ayant appris que l’ex-ministre national de l’industrie, Aimé Boji a démissionné du gouvernement central pour retrouver son siège à l’Assemblée nationale, visiblement souhaitant d’en briguer la présidence, le député national Willy Mishiki hausse le ton.
Sur le plateau de Télé 50, l’élu de Walikale dans le Nord-Kivu a, sans base légale, sévèrement critiqué toute idée ou intention de Boji d’accéder au perchoir de l’hémicycle.
En sa qualité de député national, Mishiki devrait s’informer que constitutionnellement, rien alors rien n’interdit à un ex-ministre reprendre son siège du Parlement et en briguer la présidence. La République démocratique du Congo se veut un État de droit. Et la politique, faut-il le rappeler, est l’art du possible.
Après la déchéance de Vital Kamerhe, une des figures de proue du Sud-Kivu, l’Union sacrée, en quête de stabilité et d’équilibre, aurait tout intérêt à choisir un profil qui conjugue loyauté, expérience et poids géopolitique. En cela, Aimé Boji, tout aussi du Sud-Kivu et fin connaisseur des arcanes institutionnelles, ancien ministre d’Etat en charge du Budget et tout récemment ministre de l’Industrie coche bien des cases.
René Kanzuku
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