Ironie du destin ou leçon de démocratie ? L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a été condamné ce lundi 2 septembre à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics. Une affaire judiciaire classique en apparence, sauf qu’elle implique celui-là même qui incarnait, il y a peu, le visage officiel de la justice congolaise.
Nommé en mars 2024, Constant Mutamba n’aura exercé que quinze mois à la tête du ministère de la Justice. Durant son passage, il s’était illustré par des discours enflammés sur la lutte contre la corruption et l’indépendance de la justice. Il n’hésitait pas à dénoncer les « fossoyeurs de l’État de droit » ou les « réseaux mafieux » tapis dans l’administration.
Mais le 2 septembre 2025, il a été condamné par la Cour de cassation pour avoir détourné 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Il écope également de cinq ans d’inéligibilité, une peine sans appel selon la loi congolaise.
Le procès, mené tambour battant, a mis en lumière un paradoxe institutionnel troublant : comment un ministre de la Justice peut-il se retrouver aussi rapidement en position d’accusé, sans que personne n’ait vu venir le scandale ? La question secoue les couloirs de la magistrature comme ceux de l’opinion publique.
Mutamba, lui, n’a cessé de clamer son innocence. Avant même sa démission fracassante en juin dernier, il avait dénoncé une tentative d’« exécution politique » orchestrée depuis les hautes sphères de ce qu’il appelle « la mafia ». Certains de ses proches y voient encore aujourd’hui un procès politique, destiné à neutraliser une figure montante au discours trop libre.
Justice M. Kangamina
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