05/03/2024

Le Regard

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Suisse: «Silent Storyteller», une expo individuelle de Sisqo Ndombe, peintre congolais à Genève d’avril à juin 2023

L’artiste peintre congolais Sisqo Ndombe Akisieful va présenter pour la première fois de sa carrière dans la peinture, en Europe, sa première exposition individuelle intitulée «Silent Storyteller». Cette exposition qui va durer deux mois, soit du 13 avril au 01 juin 2023, aura lieu au nouvel espace de la galerie FilAfriques au Mövenpick Hôtel de Genève, en Suisse. Dans une interview exclusive qu’il a accordée au journal Le Regrad, Sisqo a révélé que ce travail artistique a pour but de réveiller la conscience africaine. Interview.

Bonjour, peut-on savoir un peu plus sur votre rencontre avec l’art?

Je suis Sisqo Ndombe Akisieful, artiste peintre congolais. J’ai grandi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Ma rencontre avec l’art est d’abord passée par ma propre expérience du dessin. J’ai découvert cette passion pour le dessin depuis tout petit. Très vite j’ai été influencé par le milieu urbain et son expression, notamment la peinture murale que j’ai perfectionnée au fil des années. J’ai décidé de me former au savoir-faire des arts plastiques afin de perfectionner mon regard et ma pratique où, après plusieurs années d’apprentissage, j’obtiens ensuite mon diplôme de l’Académie des beaux-Arts de Kinshasa. Touchant plusieurs domaines de création, j’ai pris alors la décision de me consacrer à temps plein à ma passion qui est la peinture.

Vous allez très bientôt représenter la République démocratique du Congo à Genève avec  «Silent Storyteller». Est-ce votre première exposition?

Lorsque j’ai débuté ma série des portraits intitulés «Nos regards» en 2020,  j’étais loin d’imaginer l’engouement que va susciter mon travail avec l’apparition de la Covid-19 qui a tout bouleversé dans le monde.
En 2021, la porte s’est ouverte. J’ai été découvert sur Instagram par plusieurs collectionneurs d’art qui ont crus en mon talent. C’est par là que j’étais repéré par plusieurs galeries qui vont commencer à me proposer des expositions et autres projets artistiques. Avant  «Silent Storyteller», j’ai participé aux expositions « Deep Blue » organisée par Leoni Art Project à Sommatino, en Italie, «Power of act» à Gou-Hui Art Gallery à New-York,
«Night in the Museum» organisée par KreolWestIndies en Guadeloupe. J’ai également pris part aux expositions « The beginning of Legacy » organisée par ArtGenesis & Mashonda Tifrere à Los Angeles, « Against all odds » à Constitution Hill Museum à Johannesburg – Afrique du Sud, « ArtExpo Dallas » à Texas représenté par Rodney Asikhia Gallery.

Quels sont les sujets que vous exploitez dans vos œuvres artistiques?

Mes sujets sont toujours en lien avec mon univers. Je me laisse inspirer par la réalité du monde qui nous entoure. Chacun est témoin oculaire de sa société, des faits quotidiens qui souvent captivent notre attention et nous mettent dans une situation embarrassante. Chaque jour, nous assistons à des spectacles, à des rythmes qui ne font même pas l’unanimité de notre être mais qui nous contraignent à suivre les pas. Nous, témoins de l’injustice, de la méchanceté, de la mégestion et de toutes les calamités auxquelles nos prédateurs nous font subir. L’art m’aide à exprimer des choses que je n’ai jamais eues le courage de raconter à d’autres personnes, ce qui se reflète dans mes œuvres d’art.
Bref, Je peins tout ce qui touche l’être humain. Donc, la peinture est le seul moyen pour moi de faire passer le message et surtout de dénoncer cette injustice sociale.

Parlez-nous de votre peinture !

Dans mes œuvres, je présente des personnages qui captivent et retiennent le regard de l’admirateur. Ce regard est au cœur de ma création artistique et de son questionnement existentiel et social. Des personnages avec des yeux interrogateurs et interpellateurs qui sollicitent et invitent en même temps le regard du contemplateur. Ces regards expriment les réalités de la société Congolaise, ma patrie. Une société minée par multiples problèmes et conflits, aux conséquences fâcheuses, de fois négatives pour une population «victime».
A travers le regard de mes personnages, j’invite à une réflexion profonde sur la situation que traversent les pays africains et le Congo en particulier.

Quel est votre style ?

J’adore travailler avec mes doigts à la place des pinceaux. J’ai affirmé mon propre style en poussant les limites de la peinture avec une touche aussi séduisante qu’imprévisible, que je peins à l’aide de mes doigts pour obtenir des belles nuances qui me permettent ensuite d’ajouter les effets des craquelures sur les visages de mes personnages. Cette technique rend mes œuvres plus belles et originales. Ces craquelures est une exaltation symbolique de toutes les souffrances et injustices que la population subit indépendamment de leur volonté.

Propos recueillis par René Kanzuku