Chef des Travaux à l’Université des sciences de l’information et de la communication -UNISIC-, Fabrice Akaa Lukangi a défendu avec brio sa thèse de doctorat intitulée «Communication politique et révision constitutionnelle en République Démocratique du Congo: Analyse des modes de prise de position du public», devant un jury rigoureux composé du Professeur émérite Paul Okomba, promoteur (UNISIC), Professeur Ordinaire Godefroid Elite (UNISIC), Professeur Ordinaire Dieudonné Tebangasa (UCC), Professeur Ordinaire Eddy Tambwe, Président du jury (UNISIC), Professeur Fidèle Makiese, secrétaire du jury (UNISIC), Professeur Paul Massey, suppléant et Professeur Odon Nsampanga, suppléant.
Cette soutenance qui s’est soldée par une mention Grande distinction, a lieu ce samedi 04 avril 2026 à 10 heures, dans l’Espace Professeur Emérite Paul Malembe Tamandiak, à l’UNISIC.

Dans son exposé, le désormais docteur en communication a précisé que «la problématique à la base de notre étude découle de l’observation d’un ensemble de faits empiriques significatifs et des informations théoriques».
«En préliminaire, je tiens à préciser une vérité que nombreux refusent d’admettre : la révision de la constitution n’est pas un pêché, ni un crime contre l’Etat. Elle est un acte juridique, mieux un acte sociojuridique normal dans un Etat, car aucune loi n’est immuable. C’est ainsi qu’aujourd’hui, la plupart des constitutions modernes ont prévu les mécanismes de leurs propres révisions. Et notre constitution prévoit également en l’article 218 le mécanisme de sa propre révision», a déclaré le Docteur Fabrice Akaa devant les membres du jury.
Et de motiver: «La révision constitutionnelle, en Afrique, est un phénomène d’actualité depuis les années 1990, époque où le vent de la démocratie a soufflé sur le continent. Ce phénomène est généralement observable à la fin du second mandat du pouvoir politique.
La RDC, notre pays, n’est pas en reste. Vous vous souvenez Monsieur le Président que la constitution congolaise du 18 février 2006 a été modifiée en 2011. Et en 2014, durant le second mandat de Joseph Kabila, il y a eu une tentative de révision de cette constitution».
Dans son analyse soutenue de la communication politique derrière la révision constitutionnelle, le Docteur Fabrice Akaa estime que la communication politique autour de la révision de la constitution n’est pas ordinaire. Elle a un caractère militant.
«Face à cette communication politique, cinq modes de décisions ont été identifiés après l’analyse des données empiriques : adhésion, approbation, approbation conditionnelle, désapprobation et le mode de sans position. Chaque mode de prise de position du public correspond à un mode de réception : adhésion et approbation sont liées au mode de réception hégémonique, approbation conditionnelle est liée au mode négocié, désapprobation est liée mode oppositionnelle et le mode de sans position est lié au pluricode», pense-t-il.
Et de poursuivre : «La dernière enquête, quantitative, réalisée à Kinshasa a démontré que l’adhésion représente 3%, approbation 8%, approbation conditionnelle…. désapprobation 50%, le mode de sans position 43% et le mode de sans position 21%. Ces résultats montrent le manque d’efficacité de la communication politique développé par le pouvoir politique autour de la révision constitutionnelle».
Puis: «L’auteur formule quelques ouvertures et recommandations : de quitter le schéma hégémonique de la communication autour de la révision constitutionnelle pour le schéma soit périphérique soit alternatif. Et de tenir compte de la temporalité et du message. L’évocation de la révision constitutionnelle durant le second mandat se révèle malvenue, car elle donne lieu à des interprétations multiples, notamment la pérennisation du pouvoir en place. Le message qui accompagne le projet de révision constitutionnelle doit être dénué de l’ambiguïté. La clarté du message ou du contenu à réviser s’avère importante».
René Kanzuku
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