28/01/2023

Le Regard

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24ème édition Aids2022 Montréal: des recherches présentées démontrent qu’une cure est possible pour guérir le Sida VIH

Tout est bien qui finit bien. Pendant 5 jours durant, soit du 29 juillet au 02 août 2022, le monde entier avait son regard tourné vers le Canada, précisément à Montréal où s’est tenu la 24ème conférence internationale du VIH SIDA.

Malgré les problèmes de visa qui ont empêché des centaines de délégués d’assister à la conférence de Montréal, le président local de la conférence internationale affirme que 172 pays étaient représentés à l’évènement.

De gauche à droite, le Docteur Aliou Sylla, médecin et Secrétaire général de Société Africaine Antisida et notre journaliste Myrthe Ekuba.

Environ 9000 personnes ont fait le déplacement et 2000 personnes ont suivi la conférence virtuellement.
Selon l’organisateur montréalais, cette 24ème conférence a contribué à mettre en évidence les énormes progrès réalisés dans la recherche sur le VIH et les technologies de traitement.

Pour le Dr Jean-Pierre Routy, président local de la conférence internationale, la plus grande percée de cette 24ème édition aura été la recherche qui montre qu’une seule injection d’un médicament antirétroviral de longue durée peut empêcher les gens de contracter une infection par le VIH pendant deux mois, plutôt que de prendre des comprimés tous les jours.

D’autres recherches présentées durant la conférence de cinq jours, qui a pris fin ce mardi, démontrent qu’une cure est possible pour guérir le VIH et que des progrès ont été faits en ce sens, bien que ceux-ci prennent du temps, a souligné M. Routy.

Et même si «Les avancées dans la connaissance sont énormes. Elles n’ont pas mené à des traitements aujourd’hui, mais on s’approche», a-t-il insisté.

Refus de visa et absence du ministre de développement lors de l’ouverture

Alors que l’évènement tirait à sa fin, les conférenciers ont souvent fait référence aux problèmes de visa et aux refus d’entrer au Canada qui ont empêché des centaines de délégués d’assister à la conférence de Montréal, incluant des employés de l’International AIDS Society, l’organisme qui rassemble les experts mondiaux du Sida et qui organisait la conférence.

Le professeur Routy s’est dit « déçu » du gouvernement du Canada, mais il s’est tout de même réjoui que des personnes de 172 pays étaient présentes à l’évènement. Une majorité de participants provenait de pays en développement.

Mais Tinashe Rufurwadzo, directeur des programmes, de la gestion et de la gouvernance chez « Y Global », une organisation internationale de jeunes séropositifs, a quant à lui dressé un bilan doux-amer de cette conférence « AIDS 2022 ».

Il admet que les participants ont pu avoir des rencontres qui n’auraient peut-être pas été possibles autrement, comme avec des représentants du gouvernement et des dirigeants pharmaceutiques. Mais il déplore que de nombreuses voix n’aient pas été entendues à cause des problèmes de visas.

Ceux qui étaient sur place ont pu rencontrer des représentants gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises pharmaceutiques, des contacts qui sont autrement presque impossibles pour les jeunes militants.

« Le seul endroit où l’on peut les rejoindre c’est ici, quand on prend un café après les séances. C’est là que les gens sont facilement accessibles », observe M. Rufurwadzo.

Pour ce qui est des participants en ligne, même si l’évènement se déroulait en formule hybride, l’accès n’était pas évident pour tout le monde. M. Rufurwadzo fait remarquer que le coût prohibitif des données dans plusieurs pays d’Afrique ne permet pas à tout le monde de participer pleinement aux échanges.

Jean-Pierre Routy tient aussi à mentionner que la conférence a permis de faire pression sur le Canada pour faire bouger les choses.

Lundi, le gouvernement fédéral a annoncé un engagement de 17,9 millions pour améliorer l’accès à des tests d’autodépistage du VIH dans les régions éloignées et parmi les communautés difficilement accessibles.

« Cet argent est bienvenu et il va directement vers les faiblesses de notre système. C’est un bel effort du Canada, même si cela survient un peu tard, a commenté M. Routy. Ce qui compte, c’est que les choses changent et que cette conférence mène à des changements de mentalité. »

Environ la moitié de la somme promise par Ottawa sera dédiée à la distribution de tests d’autodépistage. Comme les gens qui connaissent leur statut infectieux peuvent avoir accès à des traitements pour se protéger et pour prévenir la transmission du virus à leurs partenaires, il s’agit d’un pas dans la bonne direction.

D’autres intervenants auprès des personnes atteintes du VIH s’interrogent sur la manière dont les trousses de dépistage seront distribuées. Ils s’inquiètent aussi du soutien qui sera offert aux personnes qui obtiendront un résultat positif. La charge émotive d’une telle nouvelle peut être particulièrement lourde à supporter.

Ils espèrent aussi voir le dépistage du VIH devenir une pratique normalisée. Plusieurs craignent que des jeunes se voient montrer la porte par leurs parents si ceux-ci découvrent qu’ils ont en leur possession une trousse d’autodépistage.

Des manifestants présents pour le mot de clôture du ministre fédéral de la Santé Jean-Yves Duclos ont d’ailleurs critiqué le manque de financement pour les soins de suivi.
L’organisateur montréalais de la 24e conférence internationale sur le sida affirme que l’évènement a contribué à mettre en évidence les énormes progrès réalisés dans la recherche sur le VIH et les technologies de traitement.
La nouvelle présidente de l’AIDS est SHARON LEWIN, elle est président de Peter Doherty Institute for Infection and Immunity à Melbourne en Australie
Rendez-vous en Australie l’année prochaine pour la 25 ème conférence.

Myrthe Ekuba depuis Montréal