Un nouveau front de la République démocratique du Congo contre le Rwanda, le traînant devant la Cour internationale de Justice -CIJ-. À travers cette démarche, Kinshasa n’entend pas seulement obtenir réparation pour les préjudices subis, mais aussi la reconnaissance de la responsabilité internationale de Kigali dans les violences qui secouent l’Est du pays.
La RD-Congo a officiellement déposé, vendredi 26 juin 2026, une requête devant la CIJ, à La Haye, contre le Rwanda pour des violations présumées du droit international. Cette initiative, annoncée par le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, marque une nouvelle étape dans le différend qui oppose les deux pays, depuis des décennies, sur fond de conflit persistant dans l’Est de la RDC.
La requête déposée s’appuie, selon les autorités congolaises, sur plusieurs conventions internationales contraignantes, notamment celles relatives à la prévention et à la répression du crime de génocide, à l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, à la protection des droits des femmes ainsi qu’à la lutte contre la torture.
Accompagné du ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, Guillaume Ngefa a assuré que le dossier présenté à la Cour expose de manière rigoureuse les faits et les fondements juridiques justifiant les demandes de Kinshasa, qui sollicite également une réparation intégrale des préjudices allégués.
Le gouvernement congolais insiste sur le caractère exclusivement juridique de cette démarche. « Il ne s’agit en aucun cas d’un acte d’hostilité », a déclaré le ministre de la Justice, réaffirmant l’attachement de la RDC au règlement pacifique des différends et à la justice internationale.
Les autorités congolaises se sont par ailleurs engagées à respecter le déroulement de la procédure et à éviter tout commentaire susceptible d’influencer l’instruction de l’affaire.
Pendant ce temps, Kinshasa continue d’accuser le Rwanda de soutenir les rebelles de l’AFC/M23, qui occupent plusieurs localités dans l’Est du pays, malgré les efforts diplomatiques menés au niveau régional et international pour parvenir à une désescalade. En portant l’affaire devant la CIJ, la RDC cherche désormais à faire reconnaître, sur le plan du droit international, les responsabilités qu’elle impute à son voisin.
Signalons qu’avant d’examiner le fond du dossier, la Cour internationale de Justice devra d’abord se prononcer sur sa compétence et sur la recevabilité de la requête. Pour le gouvernement congolais, cette procédure constitue un levier diplomatique majeur dans sa quête de justice pour les victimes du conflit et dans sa stratégie visant à renforcer la pression internationale sur Kigali.
René Kanzuku
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