03/07/2026

Le Regard

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Du Nigeria à la République Démocratique du Congo : Comment Ridwan Oyenuga transforme la santé mentale à travers l’Afrique

À travers l’Afrique, les débats sur le développement se concentrent souvent sur la croissance économique, les infrastructures, l’éducation et la création d’emplois. Si ces priorités demeurent essentielles, un nombre croissant d’experts attire aujourd’hui l’attention sur une autre question qui influence de plus en plus l’avenir du continent : la santé mentale.

Pendant longtemps, la santé mentale est restée l’un des aspects les plus négligés de la santé publique dans de nombreux pays africains. Le manque de sensibilisation, la stigmatisation sociale, l’accès limité aux services de soutien et la pénurie de professionnels qualifiés ont laissé des millions de jeunes Africains faire face à leurs difficultés dans le silence.

Pourtant, ce défi devient de plus en plus difficile à ignorer.

Du Nigeria à la République Démocratique du Congo (RDC), les jeunes sont confrontés à des pressions croissantes liées au chômage, à l’incertitude économique, aux conflits, aux déplacements de populations, aux exigences académiques, aux attentes sociales et aux transformations rapides engendrées par le numérique et les réseaux sociaux.

Pour l’entrepreneur nigérian et défenseur de la jeunesse Ridwan Oyenuga, ces réalités constituent l’un des plus grands défis de développement auxquels l’Afrique est confrontée aujourd’hui.

« Les jeunes Africains sont incroyablement résilients, ambitieux et innovants. Pourtant, nous mettons souvent l’accent sur ce qu’ils peuvent accomplir sans accorder suffisamment d’attention aux systèmes de soutien dont ils ont besoin pour s’épanouir », explique-t-il.

Ridwan Oyenuga est le Fondateur et Directeur Général de SereniMind, une plateforme dédiée au bien-être des jeunes qui vise à améliorer l’accès au soutien psychologique, aux ressources de bien-être, à l’éducation et aux opportunités d’engagement communautaire à travers l’Afrique.

Ce qui a commencé comme une réponse aux préoccupations croissantes liées au bien-être des jeunes est devenu une mission plus large visant à rendre les discussions sur la santé mentale plus accessibles, plus pratiques et mieux adaptées aux réalités africaines.

À travers ses initiatives, son travail a permis de toucher des centaines de milliers de jeunes grâce à des campagnes de sensibilisation, des programmes éducatifs, des actions numériques, des partenariats stratégiques et des efforts de plaidoyer destinés à lutter contre la stigmatisation et à encourager des conversations plus ouvertes autour du bien-être mental.

Selon lui, la santé mentale n’est pas un problème limité à un seul pays, mais une question qui concerne l’ensemble du continent.

« Les défis auxquels fait face un jeune à Lagos ne sont pas très différents de ceux rencontrés par un jeune à Kinshasa, Goma, Dakar, Nairobi ou Accra. Les contextes varient, mais beaucoup de jeunes Africains vivent sous pression dans un environnement en constante évolution. Le bien-être mental doit faire partie intégrante des discussions sur le développement », affirme-t-il.

La République Démocratique du Congo illustre parfaitement les défis mais aussi les opportunités auxquels l’Afrique est confrontée.

Malgré ses immenses ressources naturelles et sa population majoritairement jeune, des millions de Congolais continuent de subir les conséquences de la pauvreté, des déplacements, des conflits et d’un accès limité aux services de santé. Pour de nombreux jeunes, l’accès à un soutien psychologique adapté demeure encore très difficile.

De plus en plus d’experts estiment que la santé mentale ne doit plus être considérée uniquement comme une question de santé publique, mais également comme une priorité économique et sociale.

Les études montrent en effet que le bien-être influence les performances scolaires, la productivité, l’innovation, l’employabilité et la stabilité des communautés. Lorsque les jeunes ne disposent pas du soutien nécessaire, les conséquences dépassent largement le cadre individuel.

Pour Ridwan Oyenuga, c’est précisément pour cette raison que la santé mentale doit être placée au cœur des stratégies de développement.

« Si l’Afrique veut exploiter pleinement le potentiel de sa jeunesse, elle doit reconnaître que le bien-être n’est pas séparé du développement. Il en est une composante essentielle », souligne-t-il.

Cette conviction guide une grande partie de son travail à travers SereniMind et d’autres initiatives en faveur de la jeunesse, dont l’objectif n’est pas seulement de fournir des ressources, mais aussi de contribuer à un changement durable dans la manière dont la santé mentale est perçue et abordée en Afrique.

À travers le continent, des signes encourageants apparaissent. Les gouvernements, les établissements d’enseignement, les organisations de la société civile et les innovateurs technologiques reconnaissent progressivement l’importance du bien-être mental. Les sujets autrefois considérés comme tabous commencent à être abordés plus ouvertement.

Cependant, des défis importants subsistent.

Les spécialistes estiment que les prochaines avancées nécessiteront davantage d’investissements dans la sensibilisation, la prévention, les systèmes de soutien communautaires, les solutions numériques et les politiques publiques plaçant le bien-être au cœur du développement des jeunes.

Pour Ridwan Oyenuga, l’avenir de l’Afrique dépend non seulement des opportunités offertes à sa jeunesse, mais également de sa capacité à saisir ces opportunités dans un environnement sain et favorable.

« La plus grande richesse de l’Afrique, ce sont ses populations. Si nous voulons bâtir des économies plus fortes, des communautés plus résilientes et des nations plus prospères, nous devons investir dans le bien-être des jeunes qui construiront cet avenir », conclut-il.

Alors que la santé mentale occupe une place croissante dans les débats à travers le continent, des voix comme celle de Ridwan Oyenuga contribuent à façonner une nouvelle vision du développement africain une vision qui s’étend du Nigeria à la République Démocratique du Congo et au-delà, et qui considère le bien-être non comme un luxe, mais comme une nécessité pour l’avenir de l’Afrique.