14/03/2026

Le Regard

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Archives minières congolaises à Tervuren : pas de refus d’accès, mais un cadre strict, selon le musée

La Belgique a-t-elle refusé à la République démocratique du Congo l’accès à ses archives minières conservées au Musée royal de l’Afrique centrale, à Tervuren ? La question a émergé dans le débat public, certains évoquant un blocage qui empêcherait leur numérisation par la société américaine Kobold Metals. Interrogée à ce sujet, la direction du musée apporte des précisions.

Contacté pour Congo Check et Reuters, Bart Ouvry, directeur du Musée royal de l’Afrique centrale (AfricaMuseum), affirme que les archives et leurs copies sont accessibles sur demande. « Nos archives sont accessibles et des copies des pièces sont fournies sur demande », indique-t-il. Il précise toutefois que, pour l’accès aux cartes géologiques par des acteurs privés, le musée exige une lettre d’appui du gouvernement congolais.

Concernant la numérisation par une entreprise privée comme Kobold Metals, le responsable du musée souligne qu’il n’est pas possible de déléguer la gestion des collections à des sociétés commerciales. « Nous ne pouvons déléguer la gestion de collections à des sociétés privées, ce serait contraire à toute éthique scientifique et institutionnelle », explique-t-il. Cette position relève, selon lui, du respect des principes scientifiques et des règles encadrant la conservation du patrimoine public.

Par ailleurs, le musée indique travailler déjà avec son partenaire congolais, le Service géologique national du Congo (SGNC), sur un projet de digitalisation des archives géologiques conservées dans les collections fédérales belges. Ce programme, financé par l’Union européenne, s’étendra sur une période de quatre à cinq ans, avec un aboutissement prévu d’ici 2031.

Le transfert des données s’effectuera progressivement au cours des prochaines années. À terme, les archives numérisées seront disponibles à la fois en RDC et en Belgique, et mises à disposition en accès libre, conformément à la législation belge et européenne.

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Ces éléments laissent entendre qu’il ne s’agit pas d’un refus d’accès à la RDC, mais plutôt d’un encadrement strict des modalités de consultation et de gestion des archives, en particulier lorsqu’elles impliquent des acteurs privés.

Justice M. Kangamina