18/01/2026

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Ateliers, scènes et engagement : la 6ème Semaine Culturelle fait vibrer Kisangani

La Semaine Culturelle de Kisangani entre dans sa sixième édition, portée par l’énergie et la vision du Collectif des Artistes Boyomais (CAB), plateforme qui s’est imposée comme l’un des moteurs de la création artistique locale. Cette nouvelle édition, ouverte en début de semaine, s’annonce dense, ambitieuse et résolument tournée vers la professionnalisation des talents.

Les trois premiers jours sont consacrés à des ateliers intensifs réunissant une nouvelle génération d’artistes. Au théâtre, Guellord Evolello a guidé les participants dans un travail exigeant sur le jeu et la présence scénique, à l’Espace Culturel Ngoma. En parallèle, au Studio Kabako, Fabrice Don de Dieu, facilitateur culturel chez Enabel, a animé un atelier de danse axé sur l’expression corporelle et la cohérence narrative du mouvement. L’objectif : renforcer les compétences, encourager l’expérimentation et créer des œuvres qui parlent au public d’aujourd’hui.

Une restitution publique est attendue ce vendredi. Moment clé de la semaine, elle permettra au public de découvrir ce que ces jeunes artistes ont façonné : scènes travaillées, explorations chorégraphiques, gestes précis, textes peaufinés. Un exercice décisif pour des créateurs qui cherchent à affirmer leur identité et leur place dans le paysage culturel boyomais.

Au-delà des scènes et des ateliers, le CAB porte un message central : permettre aux artistes de vivre réellement de leur art. Un enjeu criant dans une ville où les initiatives existent mais manquent encore d’accompagnement structuré. “Sans un cadre solide, c’est une génération entière de talents qui risque de se perdre”, alerte le collectif, qui plaide pour un engagement durable de toutes les forces culturelles.

C’est dans ce même esprit que le CAB a lancé un appel vibrant aux talents indépendants. Danseurs, comédiens, slameurs, photographes ou plasticiens sont invités à rejoindre la dynamique, afin de mutualiser les efforts et construire une scène artistique forte, unie et visible. L’événement bénéficie de l’appui d’acteurs engagés tels qu’Enabel, Groupe Taccems ASBL, des médias locaux mobilisés pour la couverture, ainsi que de la participation active du public.

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À Kisangani, la création continue de battre au rythme des voix qui refusent l’effacement. La Semaine Culturelle, elle, poursuit sa mission : révéler, structurer et amplifier l’art boyomais. Cette sixième édition ne déroge pas à la règle. Elle confirme plutôt que, dans la ville, la culture n’est pas un simple rendez-vous : c’est un mouvement.

Joël Konalowa