27/01/2023

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

“Boîte Noire”, la troisième pépite littéraire de l’écrivain Mavi Diabankana

L’écrivain Congolais Emmanuel Mavi Touzolana Diabankana vient de signer, en ce mois de septembre, aux Éditions Kemet de Brazzaville, sa troisième œuvre littéraire : Boîte noire ou logis des fresques satiriques. Ceci intervient à l’aube de la rentrée littéraire Congolaise, incessamment prevue.

Après la publication des essais “Etudes et optimisme : une combinaison rassurante” et “Refaire l’image, le tremplin de la génération étendard” où “il propose une passerelle à emprunter pour restaurer l’image de l’Afrique en général et du Congo, en particulier”, c’est dans un autre genre littéraire : la nouvelle, qu’il décide d’émouvoir son lectorat.

Abordant avec un traitement qui touche le souffle, l’auteur de cette œuvre tente de créer avec un sourire lucide et sage, senti dans ses textes, une sorte de proximité tout en observant les sottises de sa société sans s’en affecter. Tout cela comme un spectacle de la complexité de l’homme.

“Vous savez, de nos jours, la lecture des sociétés africaines est biaisée. Certains auteurs ont même du mal à puiser la source des maux. Or, moi, je voudrais, par mes écrits, dire l’Afrique d’aujourd’hui” a déclaré Mavi Diabankana sur une correspondance parvenue à notre rédaction.

Panafricaniste par conviction et étudiant en Physique à la Faculté des Sciences Techniques de l’Université Marien Ngouabi, ce jeune écrivain Congolais présente un talent, capable de participer à la construction de l’édifice littéraire de cette nouvelle vague d’écrivains desalienés d’Afrique et des Caraïbes.

Cette œuvre : Boîte Noire, encrée de la matière africaine, a été préfacée par l’écrivaine française Annabelle Roussel, diplômée en lettres modernes de l’Université de Bourgogne et spécialiste de la littérature post-coloniale. Estimant que cette «écriture, ici, tente de peindre les incohérences qui règnent dans une société africaine où la civilisation première et la société moderne cohabitent en dépit de leurs évidentes incompatibilités», Roussel rend au style littéraire de Mavi Diabankana toute son âme.

C’est dans cet angle qu’on peut remarquer dans ces textes la peinture sociale faite par Mavi Diabankana qui revèle d’une justesse presque cruelle. D’où le titre satirique de cette pepite qui brosse avec la force des choses et l’inertie apparente, dans l’un des textes présents, “la lente mixification des civilisations qui s’opère sur le continent africain depuis des siècles.”

Il est à préciser que dans ce receuil de nouvelles, comme sur le fleuve de la narration, les textes de Mavi Diabankana charrient les lancinantes préoccupations telles le rapport de l’homme au divin qui fonde toute croyance; les déboires universitaires ; la mutilation des intelligences africaines et la fragilisation des espérances endogènes des jeunes ; le travestisme mental et moral. Le tout vient se jeter dans l’immense torrent de réflexion dans lequel l’auteur fait baigner le lecteur.

Justice Kangamina Musingilwa