juillet 12, 2020

Le Regard

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Chloroquine : Didier Raoult insulte les chercheurs de The Lancet

Le 22 Mai dernier le monde de la science post pandémie, était bouleversé par une étude qui mettait une croix définitive sur l’un des protocoles de traitement parmi les plus accessibles contre la covid-19 : l’utilisation de l’Hydroxychloroquine. Une étude parue dans une très sélecte revue scientifique qui avait même poussée l’OMS à suspendre, le temps de la réflexion, ses essais cliniques avec la molécule. En France, le chantre de l’Hydroxychloroquine, le Pr Raoult, était monté au créneau pour dénoncer la méthode expéditive de l’étude. En ce début de semaine encore, Raoult revenait à la charge.

Raoult attaque de front

Dans une vidéo publiée sur sa chaîne You Tube, le directeur de l’IHU de Marseille, s’en prenait encore une fois à The Lancet et à la publication de l’étude sur l’Hydroxychloroquine. Si aux premières heures de la parution de l’étude, le Pr avait joué la carte de la prudence, déclarant pour le bien de l’humanité, vouloir envers et contre tous poursuivre dans sa lancée avec la molécule décriée ; cette fois, l’infectiologue se fait plus incisif.

Dans sa vidéo, le Professeur visiblement plus à l’aise dans ses souliers de croisés, avait mis un soin particulier à descendre l’étude dans The Lancet. S’attaquant cette fois au fond de l’étude, Raoult avait trouvé que les conclusions énoncées contre l’Hydroxychloroquine étaient d’un comique tel, qu’on pouvait facilement renommer l’étude : « les Pieds nickelés font de la science ». Du titre d’une célèbre série de bandes dessinées humoristiques en français publiée dès 1908.

Une ‘’lettre ouverte’’ très opportune…

Juste après la parution de l’étude, qui si elle était avérée, mettait un terme certains aux travaux du Professeur et à sa croisade pour offrir au monde un traitement disponible et pas très cher contre ce fléau pandémique ; l’infectiologue s’était contenté de dire sa préférence entre une étude basé sur des métadonnées et une autre basée sur des connaissances empiriques. « Je n’arrêterai pas mes recherches, à cause d’une étude basée sur des métadonnées, (…) mal utilisées » avait signifié à la presse, le Pr Raoult ; quand l’un de ses collaborateurs, Philippe Parola déclarait lui que dans l’étude tout était « soit faux, soit imprécis, soit maladroit, soit frauduleux ».

Mais entre-temps d’autres voix, s’étaient également levées dans le monde scientifique pour dénoncer la méthodologie un peu expéditive de l’Etude. Des médecins australiens relevant des contre-vérités statistiques patentes dans les bases de données de l’étude, avaient été à la base d’une ‘’lettre ouverte’’ de près de 120 praticiens réclamant à la revue des explications sur ces « erreurs » et sur la méthodologie employée.