13/07/2026

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Droits humains en RDC: le BCNUDH alerte sur des violations persistantes malgré une baisse des cas documentés en avril

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme -BCNUDH- a publié mercredi 08 juillet 2026 son rapport sur les principales tendances des violations des droits humains en République démocratique du Congo pour le mois d’avril 2026.

L’organisation a documenté 382 violations et atteintes aux droits humains, contre 524 en mars, soit une baisse de 27 %. Toutefois, le BCNUDH souligne que cette diminution doit être interprétée avec prudence en raison des difficultés d’accès aux zones en conflit.

Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri restent les plus touchées, où les affrontements entre les FARDC, les Wazalendo, l’AFC/M23 appuyée par les forces rwandaises, ainsi que les attaques des ADF, de la CODECO et d’autres groupes armés continuent d’exposer les populations civiles à des exécutions sommaires, des enlèvements, des déplacements forcés et des pillages.

Selon le rapport, les groupes armés sont responsables de près de 80 % des violations recensées, l’AFC/M23 étant le principal auteur présumé avec 130 cas documentés, devant les Wazalendo, les groupes Maï-Maï et les ADF.

Les agents de l’État, notamment les FARDC et la Police nationale congolaise, sont également mis en cause dans 109 violations. Le BCNUDH a par ailleurs enregistré 37 cas de violences sexuelles liées au conflit ayant fait 52 victimes, principalement des femmes et des filles, tandis que 12 violations de l’espace civique ont affecté les libertés d’expression, de manifestation et de réunion.

Huit cas de menaces ciblées contre des défenseurs des droits humains et des journalistes ont également été documentés.

Sur le plan judiciaire, le BCNUDH indique que 66 procédures relatives à des violations des droits humains ont été examinées par les juridictions militaires au cours du mois d’avril. Ces affaires ont conduit à la condamnation à la peine de mort de trois militaires des FARDC, trois policiers et quatre civils.

Le Bureau précise également que 23 victimes ont bénéficié de mesures de protection judiciaire avec son appui. En parallèle, sept sessions de formation ont été organisées au profit des autorités et des organisations de la société civile afin de renforcer la prévention des violations des droits humains, la protection des défenseurs des droits humains et le respect des normes applicables au maintien de l’ordre.

René Kanzuku