janvier 26, 2021

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En attendant sa décision, Fatshi subit la pression de partout

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Les travaux, dans le cadre des consultations nationales initiées par le Président Félix Tshisekedi, sont en phase de se clôturer. La décision du Chef de l’Etat, très attendue, pourrait intervenir d’ici le 3 décembre 2020. «Ces travaux devraient être bouclés avant le 3 décembre. En ce moment, le Président de la République aura déjà prononcé son discours sauf imprévu», a révélé, mardi 1er décembre, JeanPierre Wafana, directeur de communication de la présidence de la République. Quel sort pour la coalition FCC-CACH? La réponse à cette interrogation constitue l’enjeu majeur de la prochaine adresse du Président de la République. Serait-ce le divorce? La majorité va-t-elle basculer? Le Parlement sera-t-il dissolu? La coalition va-t-elle demeurer? Seul Félix Tshisekedi a la réponse à ces différentes interrogations qui taraudent les esprits aussi bien des RD-Congolais que de la Communauté internationale.

 

En attendant de se dévoiler, Félix Tshisekedi subit la pression de partout. Elle provient de l’intérieur tout comme de l’extérieur du pays. Au pays, des avis divergent quant à l’avenir de la coalition FCC-CACH. Les uns soutiennent le divorce, pendant que les autres prônent la poursuite du mariage. Dans la première catégorie, l’on retrouve, aux premières loges, la formation politique du Chef de l’Etat, l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS. Pour l’UDPS, la séparation entre le FCC et le CACH est «une nécessité». Le Président ai de l’UDPS, Jean Marc Kabund-a-Kabund, l’a dit au sortir de la rencontre entre la délégation du parti et le Président de la République. Il est allé jusqu’à déclarer: «il n’y aura ni coalition, ni cohabitation… il faut tourner la page». Un son de cloche similaire s’est fait entendre du côté du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD. Selon Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti cher à Joseph Kabila, ses troupes se préparent à toute éventualité mais surtout elles sont prêtes à aller aux élections anticipées ou dans la cohabitation. Le PPRD semble ne pas être en harmonie avec le Front commun pour le Congo -FCC- dont il est le principal parti. Au FCC, l’on se dispose à ne pas céder aux sirènes de divorce d’avec CACH… en dépit de fin de non-recevoir réservée à l’invitation lancée à la famille kabiliste par le Chef de l’Etat pour participer aux consultations nationales. «Le FCC reste disposée à dialoguer avec le Président de la République dans le cadre de l’accord qui lie les deux parties et dans le respect de la constitution», a dit le FCC en réaction à l’invitation du Chef de l’Etat. Au-delà de la sphère politique nationale, la pression ne décroît pas. En pleine consultation, un émissaire d’Emmanuel Macron a été porteur d’un message d’unité auprès du Président de la République. C’est Christophe Bigot, directeur Afrique au Quai d’Orsay, ministère français des Affaires étrangères. «La France a toujours été un fervent soutien de l’unité et de l’indépendance de la RDCongo. Il est important que nous puissions le rappeler», a-t-il déclaré au terme de sa rencontre avec Félix Tshisekedi. Un tel rappel est-il désintéressé dans un contexte de crise politique entre le Président en fonction et l’ancien Chef de l’Etat? Difficile de ne pas répondre à l’affirmative. Au lendemain de la clôture des consultations, le Président Félix Tshisekedi, depuis Gaborone, a participé au sommet de la SADC consacré quasiment à la situation qui prévaut en RD-Congo. En ce moment où les torchons brûlent entre le FCC et le CACH, Félix Tshisekedi a longuement échangé avec son homologue botswanais Dr. Mokgweetsi Eric Keabetswe Masisi, qui préside aux destinées de l’Organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité de la SADC. Selon des indiscrétions, à la SADC, il a vivement été recommandé à Félix Tshisekedi de prendre langue directement avec son allié Joseph Kabila, question d’évaluer dans quelles conditions renégocier l’accord et décanter la crise. Autrement, pour la SADC, ne pas procéder à l’éclatement de la coalition constitue le prix à payer pour la paix et l’unité en RD-Congo. Qui Félix Tshisekedi doit écouter? Son parti, l’UDPS? Son allié, le FCC? La SADC? La France? Personne ne sait le dire avec précision à l’instant. Certaines informations laissent entendre cependant que le Président Félix Tshisekedi tient à la reconfiguration des forces en présence à l’Assemblée nationale. Son Directeur de communication l’a laissé entendre dans sa tribune parue le mardi 1er décembre 2020. «La dynamique enclenchée par le Chef de l’Etat, à travers les dernières consultations populaires, tend courageusement vers une requalification de cette majorité ‘‘factice’’ de sorte à lui permettre de disposer, sur fond d’une recomposition des alliances, d’une marge de manœuvre suffisante devant lui permettre d’appliquer totalement ses prérogatives présidentielles sans interférence», a-t-il dit pendant que des défections semblent se signaler dans la famille politique de Joseph Kabila. A la faveur d’une rencontre avec le leader du FCC le 29 octobre 2020, 338 députés ont répondu présent non sans réitérer leur loyauté à l’ancien Chef de l’Etat. Un mois plus tard, soit le 30 novembre, ils ont été 305 à réitérer leur «appartenance sans faille au FCC, à son Autorité morale». Où sont partis les 33 autres députés FCC? Qu’importe la réponse, Kabila détient encore la majorité s’il faut s’en tenir à ces deux faits. Il y a quelques jours, AfricaNews, trihebdomadaire kinois, avait tweeté: «après la médiation française, kenyane et égyptienne, il y aurait une légère reconfiguration du paysage: 60% pour le FCC, 35% CACH et 5%, lâchés par le FCC, pour l’Union sacrée». Et de revenir à la charge plus tard en affirmant: «Contacts rétablis entre Tshisekedi et Kabila depuis 48 ou 72 heures. Imminente sortie de crise via importants réaménagements au Parlement et au Gouvernement».

 

Schilo J.Tshitenga