En cette quatrième journée du Festival international des arts de scène, connu sous le nom de Festival Ngoma, la scène s’est laissée emporter par le souffle du vent et le silence dense d’une salle suspendue aux mots.
Deuxième spectacle de la journée, « Souvenir chagriné » a installé une ambiance singulière : celle du slam, où chaque vers vibrait comme une respiration retenue. C’est la troupe Kis Slam, regroupant les slameurs de Kisangani et évoluant au sein du Collectif des Artistes Boyomais, qui a offert ce moment d’intensité et de communion.
Avec une poésie incarnée et une gestuelle mesurée, les artistes ont su créer un climat où l’écoute devenait un lien silencieux et collectif. Portée par Germain Ngandu et ses acolytes, la prestation a déroulé un récit où la douleur intime se transformait en parole universelle, touchant chaque spectateur dans sa profondeur.
« Souvenir chagriné » n’était pas seulement une suite de textes, mais une traversée intérieure où chaque mot semblait suturer une plaie encore vive. Dans ce chaos, la femme boyomaise se trouvait au cœur de l’épreuve : dans les quartiers assiégés, elle portait la souffrance des siens, protégeait les enfants, affrontait la faim et la peur.
Face à l’indicible, le slam est apparu comme un baume. Loin du simple art oratoire, il s’est imposé comme un outil de résilience, une manière de mettre en mots l’indéchiffrable et de transformer la douleur en partage.
Ce mercredi, Kisangani a découvert que la poésie pouvait panser la mémoire collective et faire résonner l’histoire des cicatrices avec force et humanité.
Justice M. Kangamina
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