octobre 25, 2020

Le Regard

De l'information fouillée et vérifiée

 Guerre d’intérêts: Kankienza veut la tête de Sony Kafuta

 

Le bishop Albert Kankienza, ancien représentant légal de l’Eglise du Réveil du Congo -ERC- pendant 20 ans, n’était visiblement pas prêt à céder son poste à une autre personne. Des sources sûres renseignent qu’il est au cœur d’une machination visant à discréditer son remplaçant, l’évêque général Sony Kafuta, actuel président et représentant légal de l’ERC. «Sony Kafuta est devenu notre ennemi commun. Il faut le détruire », a déclaré une personnalité religieuse. Kankienza, à en croire les mêmes sources, a réuni un groupe des personnalités désignées comme cofondatrices de cette Confession religieuse à qui il a fait part de soupçon de corruption dont Sony Kafuta serait coupable pour avoir voté Ronsard Malonda comme délégué des Confessions religieuses à la CENI. Il en veut pour preuve le communiqué conjoint de l’Eglise catholique et de l’ECC du 10 juin. Par conséquent, Sony Kafuta devrait quitter la tête de l’ERC.

Bien plus, confie-t-on, Kankienza travaille à mettre en place un nouveau projet, ou mieux une nouvelle plateforme religieuse qui naîtra des cendres de l’ERC, dénommée «Ligue des Églises et Ministères de Réveil ».

Les véritables raisons

A vrai dire, l’enjeu de tout ceci n’est ni évangélique ni moral. Il est plutôt lié à des intérêts politiques. Ici, les mois de juin et juillet sont révélateurs. C’est à la suite de la désignation, le 9 juin 2020, de Malonda que bishop Kankienza est parti en campagne dans les médias. A la RTNC, il a choqué les Congolais en se présentant comme représentant légal de l’ERC. Et pour le besoin de la cause, il est même devenu l’invité préféré de la Radio Maria et la télévision Elikya, qui sont des médias catholiques. Il y prenait d’ailleurs plaisir à présenter ses anciens collègues, les 6 confessions religieuses qui ont soutenu Malonda, comme des corrompus.

Mais ce qu’il n’a jamais dit dans les médias, est qu’il a été témoin oculaire de la signature du PV désignant Malonda. Le soir du 9, sa jeep noire avait été aperçue dans les collines de Mont Fleury. Des indiscrétions avaient en son temps renseigné qu’au siège de la CIME, en aparté, se flanquant du statut de conseiller du Chef de l’Etat comme il l’a fait également à l’époque de Joseph Kabila, Kankienza a demandé à certains chefs des confessions religieuses de ne pas signer le PV. Il leur promettait la coquette somme de 25 000 usd et une jeep par personne. L’info avait d’ailleurs fait le tour des réseaux sociaux. La même démarche, il l’a poursuivi en faisant le tour des quartiers Macampagne, Delvaux, UPN,…où résident quelques chefs des confessions religieuses, parfois en compagnie d’un religieux protestant et d’un conseiller du Chef de l’Etat dont le nom est régulièrement cité dans le dossier.

Le vrai enjeu

A défaut d’arriver à corrompre les 6 chefs de confessions religieuses soutenant Malonda, confient nos sources, l’option avait été levée dans des officines politiques bien identifiées d’y créer la confusion. Chose rapidement faite à l’église Kimbanhuiste.

Le révérend Elebe en a fait les frais. Cela a coûté aux kimbanguistes le poste de la présidence de la CIME. La même chose a été tentée à l’église orthodoxe, sans succès. Les coupables démasqués, confiait un cadre de cette église, avaient avoué agir sur instruction d’un « secrétaire général d’une église ». Suivez mon regard. A la communauté islamique où on a vu, tout fier le cardinal s’afficher avec un groupe des dissidents musulmans, la justice a tranché. Elle a donné à Cheikh Abdallah Mangala. Et maintenant vient le tour de l’église du réveil!

A qui profite ceci? Une évidence saute très vite aux yeux. On peut reprendre 1000 fois l’élection du délégué des confessions religieuses à la CENI sans changer les résultats. Les 6 confessions qui travaillent depuis toujours ensemble se choisiront toujours qui elles veulent. Du haut de leur grandeur, les églises missionnaires catholique et protestante ne peuvent rien y changer, car ne représentant que 2 petites voix.
Voici qu’une fois de plus, politique, intérêts mesquins et religion se mêlent. Et dans ce mélange aussi malsain qu’indigeste, Sony Kafuta est menacé de payer pour ses prises de position assumées dans le dossier Malonda. Selon nos sources, la cabale contre lui est téléguidée par une main noire qui sera incessamment dévoilée. À suivre…

Joseph MALALA