À Isiro, dans le Haut‑Uélé, une opération conjointe menée par la Police judiciaire, le ministère de l’Environnement et l’ICCN, avec l’appui de l’ONG Conserv Congo, a permis de démanteler en ce début de février un réseau de trafiquants de grands singes. Deux chimpanzés ont été victimes d’un commerce illégal qui prend de l’ampleur dans le nord‑est de la République démocratique du Congo.
Cette région est devenue l’un des foyers les plus critiques du trafic de primates. Dans la réserve d’Epulu et le parc de Garamba, ainsi que dans le paysage de Bili‑Uéré, les adultes sont abattus pour la viande de brousse, tandis que les jeunes sont capturés vivants et vendus comme animaux de compagnie. Les routes de contrebande s’étendent vers l’Ouganda et le Soudan du Sud, transformant le Haut‑Uélé en porte d’entrée vers le marché international.
Parmi les animaux secourus, un mâle adulte avait passé plus de dix ans enfermé dans une cage d’à peine un mètre carré. Sa libération a été marquée par un geste simple mais bouleversant : il a saisi l’herbe sous lui, savourant la liberté retrouvée. Le second chimpanzé, plus jeune, avait été détenu depuis environ un an, une autre victime silencieuse d’un commerce cruel.
Les autorités ont révélé que l’animal plus âgé était exploité par un guérisseur traditionnel, qui manipulait des croyances locales pour justifier sa captivité. Rasé régulièrement, ses poils étaient utilisés dans des rituels prétendument liés à la santé mentale. Cette instrumentalisation culturelle souligne la complexité des pratiques qui alimentent le trafic.
Les suspects arrêtés sont désormais poursuivis par la justice d’Isiro. Les chimpanzés sont une espèce intégralement protégée et inscrite à l’Annexe I de la CITES, ce qui rend toute capture, détention ou commerce illégal. Ces actes constituent des crimes graves au regard de la loi congolaise et internationale.
Justice M. Kangamina
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