Un ressortissant vietnamien de 36 ans a été arrêté à l’aéroport international Suvarnabhumi de Bangkok après avoir tenté de faire passer en contrebande plus de 11 kilogrammes de cornes de rhinocéros dissimulées dans de la viande emballée. La saisie, composée de six cornes pesant environ 11,7 kg, a été détectée grâce à un contrôle radiographique.
Selon les autorités, l’itinéraire de contrebande reliait Lubumbashi, en République démocratique du Congo, à l’Éthiopie et la Thaïlande, avec le Laos comme destination finale. Les cornes ont été envoyées à un laboratoire médico‑légal pour vérification. Le suspect encourt jusqu’à 10 ans de prison et une amende d’un million de bahts en Thaïlande, pour trafic d’espèces protégées par la CITES.
Cette arrestation met en lumière un phénomène inquiétant : la RDC est de plus en plus exploitée comme carrefour de transit par des réseaux criminels transnationaux. Des villes stratégiques comme Lubumbashi servent de points de passage pour la faune de grande valeur, profitant de failles réglementaires, de la corruption et de la faiblesse du contrôle douanier.
Le trafic de cornes de rhinocéros illustre la montée en puissance de la criminalité organisée internationale, qui s’appuie sur des complicités locales et des circuits commerciaux légaux pour masquer ses activités. Ce n’est pas seulement un crime environnemental, mais un défi majeur pour la gouvernance et la sécurité des États africains.
Les experts rappellent que la demande internationale, notamment en Asie, alimente ce commerce illégal. Les cornes de rhinocéros sont recherchées pour des usages médicaux traditionnels ou comme symbole de prestige, malgré leur interdiction mondiale. Cette pression crée un marché noir lucratif qui fragilise les efforts de conservation en Afrique et accentue la vulnérabilité des espèces menacées.
Au‑delà de la protection des espèces, cette affaire souligne l’urgence d’un renforcement de la coopération internationale. La lutte contre le trafic d’animaux sauvages exige une surveillance accrue des frontières, une application rigoureuse des lois et une volonté politique forte pour briser les réseaux criminels qui menacent à la fois la biodiversité et la stabilité des États.
Justice M. Kangamina
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