La MONUSCO a inauguré mercredi 17 décembre 2025, un projet d’éclairage public dans le centre de Djaiba, localité située à près de 95 kilomètres de Bunia, dans le territoire de Djugu. Réalisée dans le cadre d’un Projet à Impact Rapide (QIP) et financée à hauteur de 18 000 dollars américains, cette initiative vise à améliorer la sécurité et les conditions de vie des populations, en particulier des déplacés internes.
Au total, quarante panneaux solaires ont été installés dans le camp de déplacés de Fataki, ses environs immédiats ainsi que dans les villages de Bali et de Lodha. L’objectif principal est de réduire la criminalité nocturne, prévenir les violences sexuelles et basées sur le genre, et permettre la reprise des activités socioéconomiques après la tombée de la nuit.
Pour les autorités locales, ce projet répond à un besoin sécuritaire urgent. « C’est un projet connecteur qui bénéficie à trois entités : Walendu Pitsi, Walendu Djatsi et la chefferie des Bahema Badjere. L’éclairage permet de réduire les violences sexuelles et d’identifier plus facilement les menaces la nuit. Dans un contexte de conflit, l’obscurité favorise les actes d’antivaleurs », explique Dieudonné Cumo Kparri, chef du secteur de Walendu Pitsi.
Avant l’installation des lampadaires solaires, l’insécurité nocturne était omniprésente dans les camps et les villages environnants. Faustin Musinga, notable de Djaiba, témoigne que les miliciens profitaient de l’obscurité pour commettre des exactions, notamment des viols, plongeant les déplacés dans une peur permanente. Selon lui, la mise en place de l’éclairage a déjà permis de faire reculer sensiblement ces menaces.
Les déplacés eux-mêmes constatent un changement notable dans leur quotidien. « On peut maintenant circuler la nuit sans crainte. Les élèves révisent sous les poteaux d’éclairage et certains métiers, comme la couture, peuvent fonctionner jusqu’à tard dans la soirée », se réjouit Safari Malo, président du comité des déplacés de Lodha, soulignant l’impact positif du projet sur l’éducation et les petits commerces.
Ce projet d’éclairage public fait suite aux attaques meurtrières perpétrées en mars 2025 par des miliciens de la CODECO dans les camps de Djaiba et Lodha, qui avaient coûté la vie à plus de 70 personnes. L’obscurité avait alors facilité ces violences. Aujourd’hui, l’initiative de la MONUSCO redonne espoir aux communautés locales.
Pour marquer symboliquement ce nouvel élan vers la paix et la sécurité, le chef de bureau de la MONUSCO en Ituri, Josiah Obat, et le commandant de la 32ᵉ région militaire des FARDC, le général Antone-David Mushimba, ont procédé à un lâcher de pigeons, symbole de paix et de rapprochement entre les communautés.
Thierry Bahati Rafiki
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