octobre 21, 2020

Le Regard

De l'information fouillée et vérifiée

Kinshasa: respect des mesures barrières, Kasongo harmonise avec l’Église

Abbé Nshole, Cheikh Abdallah, Évêque Sony Kafuta, Imam Moussa,… ces noms qui ont fait l’actualité de tout le mois de juin dernier, à la faveur de la désignation du délégué des Confessions religieuses à la CENI, se sont tous retrouvés le jeudi 13 août 2020 au Musée national sis sur l’avenue Triomphal dans la commune de Lingwala, à Kinshasa. Taillant la bavette, partageant salutations fraternelles et sourires, ces bonzes s’y sont retrouvés, d’ailleurs avec d’autres hommes d’Églises connus comme les pasteurs Marcello, Wallo, Baruti, Patrice Ngoy, etc, à l’invitation du Commissaire provincial, le Général Sylvano Kasongo.

Une ambiance bon enfant. A l’ordre du jour, l’harmonisation des vues sur le respect des mesures barrières pendant les cultes qui reprennent ce 15 août dans un contexte de la crise sanitaire de la Covid-19. La réunion est tombée à pic. Déjà, les esprits commençaient à surchauffer. L’information, ou la rumeur, véhiculée dans les médias, selon laquelle les églises devaient payer 200 000 Francs congolais, ou encore 5 USD par chaise pour désinfecter les lieux de cultes, avait suscité beaucoup de réactions des pasteurs d’églises.

On a vu, par exemple, l’évêque Sony Kafuta, président et représentant légal de l’Eglise du réveil au Congo, monter au créneau et décrier ce qui paraissait comme une politique de deux poids, deux mesures : «Pourquoi obliger les églises à désinfecter les lieux de cultes alors que la même exigence n’avait pas été faite lors de la réouverture des bars,… ?».

Légitime, cette préoccupation a trouvé réponse. Le Général Kasongo a rassuré que le gouverneur de la ville n’a pas pris pareille mesure. Et donc, aucune église n’est tenue à payer au préalable un quelconque montant pour la désinfection.

Il a fait savoir aux « hommes de Dieu » que la police nationale veillera au respect strict des gestes barrières pour éviter la résurgence de cette pandémie comme cela est le cas sous d’autres cieux. La police  contrôlera donc le port des masques dans les cultes, la distanciation physique entre les fidèles assis côtes à côtes, la présence des lave-mains à l’entrée, et l’usage de thermoflash afin de contrôler la température des fidèles.

Cependant, le Général Kasongo a rassuré que les policiers ne viendront pas, en tenues, perturber le cours normal des cultes. Ils y seront incognito, en civil. Ils conserveront et prendront les images des infractions. Ce n’est qu’après que le responsable de l’église récalcitrante serait, le cas échéant, invité par la police pour répondre du non respect de la loi.

Par ailleurs, le Général Kasongo a signifié que les églises qui, faute d’espace, occupent les trottoirs, doivent au préalable obtenir l’autorisation du bourgmestre pour ce faire. Il a également souligné l’importance d’observer l’édit de la ville de Kinshasa interdisant les rapaces diurnes et nocturnes.

Tous les Chefs des confessions religieuses et les responsables d’églises présents dans la salle ont salué l’initiative d’échange prise par le Commissaire provincial de la police. « c’est la voie de la sagesse », a lâché un religieux.

Au sortir de cette rencontre qui a chuté par un cocktail, dans les discussions en aparté, les religieux invités ont tous reconnus que les malentendus ont été dissipés. Ils ont également encouragé la Police a capitaliser cette collaboration avec les églises qui sont un courroie important de communication et de sensibilisation. Pour le Général Kasongo, la voie de la sagesse a payé.

HRM