27/01/2023

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Kisangani: “Au-delà des Étoiles”, un Festival en mémoire des victimes de l’an 2000 prévu en juin prochain

Deux décennies sont passées depuis que la guerre de six jours a eu lieu à Kisangani, cette troisième ville de la République Démocratique du Congo. La presqu’île, autrefois appelée “Boyoma la Belle”, avait servi, du 5 au 10 juin 2000, de terrain de bataille entre deux armées étrangères. Le sol de cette région s’était transformé en réservoir de bain de sang des civils, victimes de cet affrontement meurtrier.

Ainsi, pour commémorer ces morts, le groupe multimédia Z-Films Entertainment organise du 05 au 11 juin 2022 dans la ville de Kisangani, la 1ère édition du Festival dénommé «Au-delà des Étoiles» afin de faire revivre à la population les différentes scènes.

Les artistes de toute tendance : musiciens, peintres, poètes et consorts seront de la partie. La diaspora y est également invitée.

L’histoire nous pourchasse

Birago Diop nous affirme que les morts ne sont pas morts. Il n’a pas tort. Si d’autres couches sociales ont voulu ressusciter l’histoire par des prières, les artistes de Boyoma ont eu cette volonté de le faire avec leur talent. Près de 40 artistes musiciens ont été en studio afin de chanter Kisangani et ses morts.

Les poètes ont aussi contribué à cette fête culturelle. Ce vouloir intense de ramener à la vie cette histoire commune, hante l’esprit du comité organisateur de ce Festival.

Qui peut oublier cette tragique histoire ? Aucune personne. Elle reste gravée dans la mémoire de tous les Boyomais. C’est une histoire commune, remplie de mélancolie, de tristesse et aussi de chagrin.

Les blessures semblent encore être vivantes dans les cœurs des certains habitants de cette ville. Les cicatrices ne sont pas encore bien couvertes par les hommages rendus depuis l’an 2000.

Regard synoptique 

Chaque année, des messes de requiem sont célébrés afin de pouvoir se souvenir de toutes ces âmes filées vers l’autre monde, cet «au-delà» de l’imaginaire africain.

Les familles des victimes et certaines autorités locales participent à cette tentative de rendre hommage à ces esprits partis tôt. Les cérémonies ecclésiastiques suffisent-elles afin de graver éternellement l’histoire de cette guerre non-voulue dans la tête des Boyomais ? La réponse face à cette préoccupation serait non.

Cette ville, Kisangani, est bornée par des chutes et cours d’eau. Peut-elle espérer un jour que la justice triomphe face à cette barbarie causée ? La réponse appartient à l’avenir.

De ce fait, les organisateurs invitent tous ceux d’autres villes RD-congolaises et de la diaspora, qui voudront revivre ces moments d’angoisse afin de les transformer aux instants de fête, de gloire et de joie, de se rendre à Kisangani au mois de juin.

Justice Kangamina Musingilwa/Kisangani