17/07/2024

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

La CIME, la CENI, la COMICO, la Fondation Mzée LDK, Mgr Donatien Nshole, Jaynet Kabila, les Chefs des confessions religieuses… ont rendu les derniers hommages à l’Imam Moussa Rachid

Il s’est éteint le dimanche 30 juin 2024 au Centre Hospitalier Initiative Plus à Kinshasa. «Une bibliothèque vivante, un leadeur s’en va» sont là les maîtres-mots de quasiment tous les hommages rendus à l’Imam Moussa Rachid, président de la Commission d’intégrité et médiation électorale -CIME-, ce mardi 02 juillet 2024 à la morgue de l’Hôpital du Cinquantenaire, par ceux qui ont eu la chance de travailler ou collaborer avec lui, de son vivant.

Que des témoignages poignants de la part du Président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, Denis Kadima, de la Fondation Mzee Laurent Désiré Kabila, avec Monsieur Feruzi Nyembo, du Coordonnateur de la CIME, avec le Professeur Jean Akakiwa, de la COMICO, de Mgr Donatien Nshole, du président de la Plateforme des Chefs de confessions religieuses, de Jaynet Kabila, sœur jumelle de l’ancien Président de la République, Joseph Kabila et tant d’autres, avant son enterrement au cimetière musulman de Kintambo.

Le Président de la CENI rendant témoignage.
Le Président de la CENI rendant témoignage.

«Je salue la mémoire de cet homme de foi, humble et épris de paix. Il nous a quittés alors que nous attendions encore beaucoup de lui. Imam Moussa Rachid, que j’appelais affectueusement (Ndugu) était une personne exceptionnelle dont la bienveillance et l’ouverture d’esprit ont marqué toutes les personnes qui ont eu la chance de le connaître. Il m’écrivait dans un swahili parfait et moi je répondais en français parce que je n’avais pas les capacités d’écrire un si bon swahili que le sien. L’Imam m’a appris à apprécier la religion musulmane à sa juste valeur. Il a été un des artisans importants aux côtés de feu Monsieur l’Abbé Apollinaire Malumalu, de la matérialisation de la CIME… Ce fut une bibliothèque vivante», a témoigné le Président de la CENI, Denis Kadima.

Mgr Donation Nshole.

Et Mgr Donatien Nshole de le renchérir : «Je tenais à y être pour saluer la mémoire de cet homme qui m’a toujours impressionné par sa capacité à analyser la situation sociale et les pistes de solution. Je réitère, ce fut une bibliothèque vivante. Cet homme qui mettait l’accent sur ce qui unit que ce qui divise. Cet homme qui, au moment le plus sombre dans la Plateforme des Chefs des confessions religieuses, servait de passerelle. Cet homme qui était capable de céder à ce que les autres pensaient, contrairement à ce que lui pensait. C’est dommage que nous le perdions, alors qu’il semblait encore fort. Il nous laisse un exemple à suivre. Que son âme repose en paix».

Jaynet Kabila et Feruzi Nyembo.

Représentant la Fondation Mzee Laurent Désiré Kabila où l’Imam Moussa a également laissé ses empreintes, Feruzi Nyembo a témoigné : «Je suis habitué à travailler dans les coulisses, mais aujourd’hui, l’Imam Moussa m’oblige à venir témoigner pour lui, parce que nous avons travaillé pendant longtemps avec lui au sein de la Fondation. Imam Moussa Rachid, une bibliothèque, un homme hors commun. Il fut un pilier relationnel entre la Fondation et les 8 confessions religieuses de la République démocratique du Congo. Au sein de la Fondation, l’Imam Moussa était plus qu’un point focal, il était un confident, une source d’inspiration, un conseiller infatigable. Il laisse un immense vide au sein de la Fondation Mzee. Il a joué un rôle crucial dans la collaboration entre la Fondation et les 8 confessions religieuses, plus spécialement dans l’organisation de la coordination des cultes œcuméniques tous les 5 ans en commémoration de l’assassinat de Mzee Laurent Désiré Kabila…».

Quelques chefs des confessions religieuses présent aux obsèques.

Une carrière des honneurs…

Dans son mot, Cheikh Abdallah Mangala, Représentant légal de la Communauté musulmane en République démocratique du Congo -COMICO-, a d’abord retracé le parcours brillant de l’Imam Moussa, avant de le recommander à Allah, afin qu’il repose en paix.

Cheikh Abdallah Mangala, Représentant Légal de la COMICO.

«L’Imam Moussa Rachid est né le 25 décembre 1949 à Kasongo-Rive, territoire de Kasongo, dans la province du Maniema. Il a fait ses études primaires à Kasongo, secondaires à Bukavu, avant de terminer ses études universitaires à Kisangani. Aussitôt les études terminées, il entre à la Texaco où il gravit les échelons jusqu’à devenir le numéro 2 de la Province Orientale. Il a quitté Kisangani pour s’installer à Kinshasa où il entame une carrière à la Fonction Publique. Parallèlement à sa carrière de fonctionnaire, lui qui a déjà été Imam dans une Mosquée à Kisangani, est appelé à servir sa communauté au niveau du comité directeur de la COMICO au poste de secrétaire national», a-t-il raconté.

Et de poursuivre : «En 1988, il fonde la Conférence culturelle pour l’appel à l’islam qui regroupait tous les intellectuels musulmans de Kinshasa, à qui il donnait des cours de religion. Il anime en même temps, la branche émission religieuse musulmane attribuée à la COMICO sur la RTNC. En 1992, il participe à la Conférence nationale souveraine en qualité du Représentant légal de la COMICO, avant de participer également à la création de la plateforme des confessions religieuses avec d’autres leaders religieux comme le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya de la CENCO, Mgr Bokeleale de l’ECC, le Révérend Luntadila de l’Eglise Kimbanguiste …ce qui lui valut la confiance de l’opinion et des confessions religieuses…».

Puis : «Une bibliothèque vivante, jusqu’à sa disparition le 30 juin 2024. En 2003, l’Imam Moussa s’impliqua totalement dans la recherche de la paix et la réunification du pays, faisant des navettes entre Kinshasa, Gemena et Goma, à la rencontre des leaders de la confrontation armée. De 2003 à 2006, à la demande pressante du Cardinal Etsou, il siège comme député national au Parlement de transition».

Ejiba Yamapia, président de la Plateforme.

A son tour, Ejiba Yamapia, Président de la Plateforme des confessions religieuses et Représentant légal des Eglises de Réveil du Congo -ERC- ne s’est pas évité de rappeler ce que fut sa première rencontre avec l’Imam : «Quand je l’ai trouvé à la Plateforme, il m’a accueilli comme s’il me connaissait depuis… Cet homme fut un leader. Il était accepté de toutes les confessions religieuses. Ce fut un leader, un travailleur infatigable, plus que les plus jeunes. Quand il regarde le Congo, il pense les communautés et non les tribus. Je présente mes condoléances à sa famille et que son âme repose ne paix».

René Kanzuku