juillet 12, 2020

Le Regard

De l'information fouillée et vérifiée

Les masques tombent: LAMUKA à la rescousse de son allié, la CENCO

 

Jérôme Bonso a raison quand il dit « Les confessions religieuses ont perdu toute crédibilité ». Les prélats catholique et protestant peuvent en être fiers.

L’affaire de la désignation du successeur de Nangaa à la tête de la CENI commence à prendre des allures inquiétantes. Comme promis après l’échec d’imposer son neveu Cyrille Ebokoto aux autres Confessions religieuses, le Cardinal Ambongo joue le tout pour le tout.

Première étape : tentative de bloquer le processus de désignation.

Le 9 juin, après que l’église Catholique romaine au Congo et l’ECC se soient rendu compte, leurs deux mains levées ne pouvaient assurer la tête de la CENI à leurs frères de l’Équateur (neveu et cousin), une délégation s’est très vite rendue chez le Président de la République lui demander de bloquer tout, oubliant que quelques heures au par avant, ils s’étaient assurés d’écarter tout Muluba de la course à la CENI. Cela n’a pas donné des résultats escomptés.

Deuxième étape : jeter le discrédit sur ses pairs des autres Confessions religieuses qui ont eu le toupet de rejeter son poulain.

Le 10 juin, le prélat catholique et son compagnon d’aventure, Bokundoa, dont les affinités tribales ne sont à démontrer, suggèrent à l’opinion crédule l’idée d’une corruption qui aurait entaché le processus de désignation sans d’ailleurs dire si qui que ce soit leur avait proposé des espèces sonnantes et trébuchantes.

Très vite, la sauce prend. La polémique gagne les réseaux sociaux. Tout fier, le duo CENCO-ECC se frotte les mains. Le mensonge a servi. On ne parle plus de leur échec. Une partie de l’opinion y accorde crédit, Dieu a été certainement mis sur pause.

Troisième étape : le matraquage médiatique.

Le Comité laïc de circonstance -CLC- entre en jeu, quelques acteurs de la société civile aussi. En un jour, plus question d’échec du tandem Ambongo-Bokundoa, ni de leur parents candidats. Leur détermination à mettre un Mungala à la CENI est placé dans un tiroir. Sans honte, ils changent de casaque.

Ils deviennent chantres d’une réforme de la CENI qui conditionnerait sa restauration. Juste 24 heures après qu’eux-mêmes aient tenté sans le moindre succès d’y placer Neveu et autre Muana Mambenga (Equateur) qui est membre et candidat pour le compte de LAMUKA, pas plus tard qu’aux législatives de décembre 2018 ? Ces saints hommes ont certainement eu une illumination soudaine !

Quatrième étape : LAMUKA entre en jeu.

C’est dans la soirée du 12 juin que les masques sont tombés. Ceux qui ont des yeux pour voir ont tout vu. Pour les autres, un petit éclairage. Est-ce étonnant de voir LAMUKA qui a vu leur cheval de Troie, Révérend Eale Bosela du regroupement politique Alternance pour la république/LAMUKA, se faire éjecter du processus de désignation, fustiger la désignation de Ronsard ? Mêmes les muets diraient N-O-N.
Il n’est également pas étonnant de voir Jean-Pierre Bemba, venir à la rescousse de son cher cousin germain, le Cardinal Ambongo…

Intérêt politique, esprit revanchard, tribalisme, mensonge, tout est fait au nom du peuple. Fort d’une réputation d’homme de Dieu, le duo équatorien Ambongo et Bokundoa se permet tout. Même le péché. Et ainsi, jouant avec la foi béate de certains dans l’opinion nationale.
Question : pourquoi Ambongo est-il allé voir l’ambassadeur américain pour échanger sur la question de la CENI ? Cette dernière gère-t-elle aussi les élections américaines ?

Matshi Darnell