Le retour à la paix durable en République démocratique du Congo continue d’être au centre des préoccupations des grandes structures des Confessions religieuses et de la société civile. Si l’implication en faveur d’un dialogue national inclusif est quasi unanimement partagée, des divergences stratégiques apparaissent quant à la chronologie de sa mise en œuvre, notamment autour de la Commission Vérité et Réconciliation -CVR-.
Le samedi 13 décembre dernier, à la faveur d’une soirée de gala, l’Archevêque Dodo Israël Kamba, président du Conseil Interreligieux Congolais -CIC-, a souligné l’importance du dialogue comme «un moment de renaissance de confiance et de la résilience d’un peuple pour bâtir une paix durable ».
Cependant, il a insisté sur la nécessité de garantir la sincérité de la démarche. «Pour que ce dialogue ne soit pas une manœuvre politique mais un acte de vérité, de pardon et de l’unité, certains préalables sont à considérer pour décrisper le climat politique actuel et permettre aux acteurs en conflit de s’amender pour le bien être du pays », a-t-il affirmé.
Pour le CIC, la décrispation du climat sociopolitique passe impérativement par la mise en place d’une Commission Vérité et Réconciliation. À cet effet, l’Archevêque Dodo Kamba a annoncé que le CIC « organisera dans les prochains jours un atelier de réflexion qui regroupera ses Experts et d’autres acteurs de la Société civile autour des mécanismes de Vérité et Réconciliation, l’un des piliers de la justice transitionnelle, comme préalable à tout processus de dialogue».
De son côté, Idryss Katenga, président de la Commission d’Intégrité et Médiation Électorales -CIME-, a exprimé un désaccord sur la séquence proposée lors de son passage sur un plateau de télé de la place le dimanche dernier. Il estime qu’il y a « comme une inversion au niveau de la chronologie» et que l’on ne peut pas mettre en place la CVR « de manière unilatérale ».
Pour la CIME, la CVR doit être le résultat d’un processus consensuel. « La commission Vérité et Réconciliation est parmi les grands livrables qu’un dialogue peut mettre en place parce que ce sont des outils », a-t-il déclaré, ajoutant : « On doit commencer par le dialogue et la commission va s’en suivre».
Idryss Katenga a toutefois précisé que la CIME partage l’objectif de fond : « Nous sommes d’accord qu’en tout cas, on ne peut pas consacrer l’impunité si nous voulons sortir du cycle de violence que nous avons vécu au pays ». Il insiste néanmoins : « si nous allons mettre un jour la commission de vérité et de réconciliation, il faut que ce soit une commission consensuelle».
L’atelier de réflexion annoncé par l’Archevêque Dodo Kamba, qui regroupera experts du CIC et d’autres acteurs de la société civile, pourrait offrir la plateforme idéale pour rapprocher ces points de vue et dégager un consensus sur la meilleure voie à suivre pour garantir la justice, la vérité et la réconciliation en RDC.
Rédaction
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