Martin Fayulu Madidi est monté au créneau contre l’arrêté interministériel du 20 juillet 2026 portant notamment sur les droits liés aux autorisations dans le secteur numérique en République démocratique du Congo. Dans une réaction publiée ce dimanche sur son compte officiel X, ce leader d’opposition a estimé que certaines dispositions de cet arrêté signé conjointement par Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ministre des Finances, et son collègue de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, risquent de pénaliser les startups, les jeunes entrepreneurs congolais et étouffer l’innovation locale. Fayulu demande ainsi au gouvernement de revoir «sans délai» l’arrêté interministériel du 20 juillet 2026.
Martin Fayulu dit avoir pris connaissance «avec stupéfaction» de cet arrêté interministériel. Pour ce membre de la Coalition Article 64, la question se pose particulièrement dans un contexte où le chômage touche fortement la jeunesse congolaise. Il estime que l’État devrait plutôt faciliter le développement des initiatives portées par les jeunes, notamment celles qui créent des emplois et participent à la transformation de l’économie nationale.
Il critique surtout l’application de droits d’autorisation qu’il juge particulièrement élevés pour certaines activités numériques. Selon lui, imposer à des startups qui peuvent encore être au début de leur développement des paiements pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars risque de fragiliser leur activité. Pour Fayulu, une telle politique pourrait avoir plusieurs conséquences: ralentissement de l’innovation locale, découragement des entrepreneurs et déplacement de certaines activités vers le secteur informel.
Le débat autour du Startup Act
La réaction de Martin Fayulu intervient alors que la RDC cherche justement à mettre en œuvre son cadre légal destiné à soutenir l’entrepreneuriat et les startups. L’ordonnance-loi n°22/030 du 8 septembre 2022, communément appelée « Startup Act », vise notamment à créer un environnement plus favorable aux jeunes entreprises innovantes. Le texte prévoit différents mécanismes d’accompagnement, notamment dans les domaines fiscal, financier et administratif.
La mise en œuvre de cette législation a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs démarches gouvernementales. En juin 2025, le gouvernement, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et l’Union européenne avaient organisé un séminaire consacré à son opérationnalisation. Des textes d’application avaient également été adoptés pour rendre certaines de ses dispositions effectives.
C’est dans ce contexte que Fayulu estime que les nouvelles exigences financières ne devraient pas aller à l’encontre de l’objectif affiché de promotion de l’entrepreneuriat et de l’innovation.
Un appel au dialogue
Martin Fayulu demande ainsi au gouvernement de revoir « sans délai » l’arrêté interministériel du 20 juillet 2026. Il plaide pour une concertation avec les acteurs de l’écosystème numérique afin d’évaluer l’impact réel des nouvelles dispositions sur les entreprises, particulièrement les startups encore en phase de lancement.
« L’innovation ne se décrète pas: elle se libère, s’accompagne et se protège », soutient-il dans sa publication. L’ancien candidat à la présidentielle et president national de l’Ecidé affirme enfin apporter son soutien aux innovateurs et entrepreneurs congolais.
Cette prise de position ouvre ainsi un nouveau débat sur l’équilibre entre la nécessité pour l’État de réglementer et de percevoir des recettes dans le secteur numérique, et celle de préserver un environnement suffisamment accessible pour permettre aux jeunes entreprises congolaises de se développer.
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