Le concept «Oui, je le veux», associé depuis plusieurs années au ministère d’encadrement des couples porté par le pasteur Ken Luamba et son épouse Nathalie, se retrouve désormais au centre d’une controverse politique. Sur les réseaux sociaux, plusieurs voix accusent la ministre de la Jeunesse, Grace Emie Kutino, d’avoir repris ce slogan dans le cadre de sa campagne en faveur du changement de la Constitution. Une accusation relancée par Trésor Kadima, communicateur du président Félix Tshisekedi.
La polémique enfle à Kinshasa. Depuis quelques jours, la toile kinoise s’est emparée d’une affaire qui mêle religion, jeunesse et politique: l’utilisation du slogan « Oui, je le veux », déjà associé au ministère d’encadrement des couples du Centre Missionnaire Philadelphie, dirigé par le pasteur Ken Luamba.
Le débat a pris une nouvelle ampleur après une prise de position de Trésor Kadima, présenté comme communicateur du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, selon son profil Facebook. Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux, celui-ci accuse directement la ministre de la Jeunesse, Grace Emie Kutino, d’avoir repris le concept à des fins politiques.
«Par manque d’initiative, la ministre Grace Emie Kutino a transformé le (oui je le veux) du Pasteur Ken Luamba en slogan de campagne pour le changement de la Constitution», affirme Trésor Kadima dans sa publication sur son compte Facebook officiel.
Un concept d’abord associé aux couples
À l’origine de la controverse se trouve une expression devenue familière dans certains milieux chrétiens de Kinshasa. Le «Oui, je le veux» est présenté comme un concept consacré à l’encadrement des couples mariés et fiancés, porté par le pasteur Ken Luamba et son épouse Nathalie. C’est précisément cette antériorité revendiquée qui nourrit aujourd’hui les accusations de «plagiat». Pour plusieurs kinois sur les réseaux sociaux, reprendre la même formule dans un contexte politique risque de créer une confusion avec un concept déjà identifié au sein de cette communauté religieuse.
Le point de crispation réside surtout dans la nouvelle utilisation attribuée au slogan. Selon Trésor Kadima, «oui, je le veux» aurait été transformé en outil de communication politique autour du changement de la Constitution. L’intéressé va jusqu’à estimer que cette utilisation pourrait provoquer une confusion auprès des fidèles. Il affirme notamment que lors d’une prochaine réunion des couples organisée sous le concept «oui, je le veux», certains participants pourraient désormais penser qu’il s’agit d’une activité liée au débat constitutionnel.
Cette sortie intervient dans un contexte politique où la question de la Constitution demeure particulièrement sensible en République démocratique du Congo. Dès lors, le choix d’une formule déjà connue dans le milieu religieux ne pouvait qu’alimenter les réactions.
Une accusation qui appelle des explications
Au-delà de la virulence des réactions sur les réseaux sociaux, la question centrale reste celle de l’origine et de l’utilisation du concept. Les accusations de plagiat constituent, à ce stade, la position de leurs auteurs et ne sauraient être présentées comme un fait définitivement établi.
Cette affaire illustre surtout la sensibilité des slogans et des marques symboliques dans l’espace public congolais. Une formule née dans un cadre religieux peut-elle être reprise dans le champ politique sans susciter de contestation? C’est désormais l’une des questions posées par cette controverse.
En attendant une éventuelle réaction de la ministre de la Jeunesse, de son cabinet, ou du Centre Missionnaire Philadelphie, le débat se poursuit sur les réseaux sociaux. À Kinshasa, «oui, je le veux» n’est plus seulement associé au mariage et à l’engagement des couples: le slogan est désormais au cœur d’une bataille de perceptions entre sphère religieuse et communication politique.
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