21/01/2026

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

RDC: Me Jacob Tshituka demande à l’Eglise Catholique d’exclure plutôt les cours de Biologie et de l’Éducation à la vie de leurs écoles, au lieu des élèves enceintes

La décision de maintenir les élèves enceintes dans les écoles congolaises, annoncée le 14 juillet dernier par le ministère de l’Education et nouvelle citoynneté, ne cesse de faire couler beaucoup d’encre et de salive dans la sphère sociopolitique congolaise. Cette décision a été catégoriquement rejetée par l’Eglise Catholique, à travers la CENCO. Réagissant contre la position de la CENCO, Maître Jacob Tshituka, défenseur de droits des enfants,  demande à l’église catholique d’écarter plutôt les cours de biologie et de l’éducation à la vie que d’exclure les élèves enceintes. Pour lui, la grossesse n’est pas une maladie, ni une épidémie contagieuse pour dire que l’enfant enceinte va contaminer ses collègues.

«En ma qualité de défenseur de droits des enfants, je salue cette décision et la soutiens, car elle constitue un pas vers l’abandon de la discrimination et de l’injustice. L’enfant enceinte ne vit pas au ciel, elle vit dans le même quartier que les autres enfants non enceintes. Dire que maintenir l’enfant enceinte à l’école, “c’est encourager les enfants à se faire engrosser”, c’est de l’hypocrisie. C’est une mauvaise façon de dire les choses. L’enfant enceinte a des amies et vit dans une parcelle que d’autres enfants non enceintes.  Y a-t-il une différence entre le quartier, la parcelle, la maison et l’école?», interroge-t-il.

À l’en croire, la grossesse n’est pas une maladie, ni une épidémie contagieuse pour dire que l’enfant enceinte va contaminer les autres enfants. Les grossesses précoces n’ont pas commencé aujourd’hui, et d’ailleurs aucun enfant ne se fait engrosser.

«Avec mon expérience dans la défense des enfants, je dois vous informer que la plupart des enfants sont rendues grosses par les personnes majeures (enseignants, surveillants, pasteurs, abbés, prêtres etc.) rares sont celles qui sont grossées par leurs collègues de classe. Alors, ces enfants victimes d’actes de violences sexuelles ne peuvent pas être doublement victimisées.
Les exclure de l’école parcequ’on les a rendues grosses, c’est être pire qu’un sorcier. Seul un sorcier peut soutenir l’exclusion d’une enfant enceinte de l’école», révèle-t-il.

L’exclusion de l’élève est sans impact

«À l’église catholique, parce que vous avez parlé d’eux, nous leur disons que même en Israel où les filles ne pouvaient pas heriter, Dieu a donné raison aux filles qui avaient demandé à Moïse l’heritage de leur père. Donnons les chances à tous les enfants sans discrimination. Si le fait d’exclure l’enfant enceinte était une bonne pratique, on ne pouvait plus avoir des enfants enceintes. Ce qui prouve que l’exclusion n’a aucun impact», conseille-t-il.

Et de préciser: «On pouvait soutenir l’exclusion de l’enfant enceinte de l’école si cela était une mesure pour lutter contre les grossesses précoces, mais depuis longtemps l’enfant enceinte n’est pas admise à l’école et cela n’a produit aucun impacte. La preuve en est que c’est chaque jour que les enfants sont rendues grosses à l’école d’où on doit arrêter l’injustice contre les filles et leur laisser la chance de continuer les études et ne pas les decourager. En réalité, selon les statistiques, le nombre d’enfants rendues grosses par d’autres enfants est minime par rapport à celui de celles rendues grosses par les adultes».

Puis: «Chères autorités catholiques de discipline, éliminez les cours de biologie et de l’éducation à la vie au programme d’éducation nationale et surtout dites aux prêtres, prophètes, préfets, directeurs, pasteurs, enseignants, surveillants et autres d’arrêter de rendre grosses les filles, au lieu de les exclure de l’école. Les élèves sont souvent rendues grosses par ceux qui les encadrent. C’est de la discrimination et de l’injustice. Aujourd’hui, avec l’internet et canal+, l’immoralité s’est invitée dans nos salons et surtout dans les chambres de nos enfants avec notre contribution. Donc, ce n’est pas l’exclusion de la fille enceinte de l’école qui va lutter contre ce que nous pouvons appeler immoralité».


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