La troisième journée de la Semaine culturelle a offert une nouvelle immersion dans la diversité artistique de Kisangani, avec deux spectacles qui ont su captiver le public de l’Espace Ngoma. Dans une salle attentive et chaleureuse, les artistes ont déployé leurs univers, confirmant la richesse des talents locaux.
Le duo de danse qui a ouvert la soirée a immédiatement imposé son langage corporel. Les deux interprètes ont laissé parler leurs gestes, construisant une chorégraphie où la complicité était palpable. Entre fluidité et tension maîtrisée, leurs mouvements se répondaient avec précision, traduisant une exploration sensible du rythme, du poids et de l’espace.
La pièce a su créer un moment suspendu, presque intime, où la scène semblait se réduire à l’essentiel : deux corps en dialogue continu. Leur danse, portée par une esthétique épurée, a plongé le public dans une atmosphère contemplative, révélant la puissance du mouvement comme outil narratif.
Le passage à l’humour, avec le spectacle « Ma pauvreté est riche » de Bijef, a marqué un contraste volontairement assumé. L’humoriste, fidèle à son franc-parler, a emmené la salle dans une série de situations tirées du quotidien, réinventées à travers son regard ironique et sa gestuelle expressive. Entre autodérision et observations sociales, il a déclenché éclats de rire et complicité.
Cette troisième soirée, oscillant entre poésie corporelle et humour mordant, s’inscrit pleinement dans l’esprit de la Semaine culturelle : montrer la pluralité des formes artistiques boyomaises et offrir un espace d’expression où chaque discipline trouve sa place. Une nouvelle preuve de l’effervescence créative qui anime la ville.
Justice M. Kangamina
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