20/06/2024

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Après la condamnation du Pasteur Kas, la Lizadeel, via Me Jacob Tshituka, éclaire l’opinion sur la réinsertion sociale de la victime

Accusés de viol sur mineure, faux en écriture, usage de faux et mariage forcé, le Pasteur Pierre Kasambakana et son beau-papa, le père de la sœur Méda, Daniel Nzuzi Mabiala, ont été condamnés chacun à de 11 ans de prison, le weekend dernier. Après cette condamnation, l’opinion nationale qui se dit satisfaite, se questionne également sur la réinsertion sociale de la fille. Dans une interview exclusive accordée à la rédaction de LE REGARD, Me Jacob Tshituka, l’un du collectif des avocats de la Ligue de la zone Afrique pour la défense des droits des enfants et élèves -LIZADEEL-, a éclairé l’opinion sur la démarche à entamer pour la réinsertion sociale de la victime du viol et mariage forcé.

Structure défendant les droits de l’enfant vivant en Rrépublique démocratique du Congo, quelle que soit la nationalité de ses parents, la Lizadeel est l’ONG auteure de la plainte qui a amené à la condamnation du Pasteur Kas et son gendre.

“Meda étant enfant (mineure âgée de moins de 18 ans), la Lizadeel n’a fait que jouer son rôle, malgré que la protégée n’est pas prête à comprendre la valeur protégée. C’est comme un enfant que vous empêchez d’aller dans la brousse où vivent les bêtes féroces et elle trouve que vous êtes contre elle”, a réagi Me Tshituka sur les propos de la petite qui continue de clamer l’innocence du Pasteur Kas et son père à travers des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux.

Et de poursuivre : “Le père de la fille pensait que les gens sont dupes. Il a voulu falsifier le document pour tromper sur l’âge de la fille, alors que, lorsque sa fille avait passé son Examen national de fin d’études primaires -ENAFEP-, le ministère de l’EPST avait délivré un certificat de fin de cycle attestant l’âge exact de la fille. Ils pensaient que dire simplement que la fille est majeure, sans preuve, suffisait pour convaincre la justice, comme si l’on était à l’église. La fille est mineure. Le certificat l’a prouvé et ils n’ont pas pu prouver le contraire”.

En ce qui concerne la réinsertion sociale, Me Tshituka renseigne que tout dépend de la famille biologique de la victime.
“Bon, la remise de la fille à sa famille ne peut se faire qu’avec le consentement de l’un de membres de la famille qui accepterait de la garder. Sinon, elle peut être placée sous la garde de toute personne de bonne moralité ou structure sur décision du juge pour enfant, car son père biologique a été déchu de l’autorité parentale sur elle. Ça s’appelle réinsertion sociale”, a-t-il expliqué.

Où doit vivre la victime, après la condamnation de l’auteur?

À en croire Me Jacob Tshituka, en réalité, Meda ne devait pas rester chez le Pasteur Kasambakana. Mais, précise-t-il, comme en matière d’enfant, il est recommandé de ne pas brutaliser l’enfant, voilà pourquoi nous sommes limités, car l’avis de l’enfant aussi compte.

“On ne doit pas l’imposer ou elle doit vivre, surtout que Kasambakana n’est pas là-bas. Cela ne pose aucun problème, car le danger serait de la laisser vivre ensemble avec Kasambakana. Il y a une vidéo dans laquelle le pasteur prêche à ses fidèles d’épouser les filles âgées de 15 ans et 16 ans comme si c’était dans la jungle. Une fille de 15 ans, qu’est-ce qu’elle connaît ? Et si c’était sa fille par rapport à l’âge que lui Kasambakana a, pouvait-il accepter qu’un homme de son âge prenne en mariage sa fille de 16 ans ? “, a laissé entendre cet avocat de la Lizadeel.

Par ailleurs, Me Tshituka a révélé que la Lizadeel va se mobiliser pour une action contre l’église Primitive du Pasteur Kas, car l’initiateur n’est plus de bonne moralité. Selon lui, après avoir obtenu la condamnation du pasteur et beau-père, tous deux pas de bonne moralité, la Lizadeel salue cette décision qui est un message fort à l’endroit de tous ceux qui seront tentés de violer le droit de l’enfant tel que garantie par la loi.

La Lizadeel est en train de tout mettre en place pour une bonne réinsertion sociale non seulement de Meda qui doit continuer avec ses études interrompues mais aussi des autres victimes de violence se trouvant encore séquestrées dans la résidence du pasteur Kas.

La Lizadeel se mobilise pour obtenir la fermeture de l’église primitive, car ses enseignements sont contraires à la Loi ainsi qu’à tous les instruments internationaux dûment ratifiés par la RDC.

La Lizadeel promet d’être toujours disponible pour la défense de droit de l’enfant, élèves et des vulnérables, d’où  tout celui qui serait tenté de toucher à l’intérêt supérieur de l’enfant, sache que la Lizadeel ne baissera jamais les bras.

René Kanzuku