23/05/2024

Le Regard

De l’information fouillée et vérifiée

Détention du journaliste Stanis Bujakera: Félix Tshisekedi fait le Ponce Pilate !

Cela fait pratiquement plus d’une semaine que Stanis Bujakera Tshiamala, célèbre journaliste Congolais, est aux arrêts. Ce directeur de publication adjoint du média  en ligne Actualite.cd, correspondant de Jeune Afrique et Reuters à Kinshasa, séjourne actuellement à la prison centrale de Makala. Il est sous mandat d’arrêt provisoire.

Il est reproché de “propagation des faux bruits et diffusion de fausses informations” sur l’assassinat de l’ancien ministre et député Chérubin Okende.

Depuis plusieurs jours à la prison de Makala, ce chevalier de la plume est poursuivi pour un article non signé et publié par Jeune Afrique qui met en cause les renseignements militaires dans l’assassinat du député national de l’Ensemble pour la République et ministre honoraire de Transport, Chérubin Okende.

Malgré les multiples jérémiades des organisations des journalistes, ambassades et autres, le Président de la République Félix Tshisekedi se lave les mains. Le Chef de l’État congolais est loin d’user  de son statut de Magistrat Suprême pour la relaxation du confrère Bujakera.

Imprégné de la situation, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est prononcé après que plusieurs personnalités politiques, ambassadeurs et institutions de défense de droit des journalistes aient alarmé sur cette arrestation jugée d’arbitraire, pour certains.

“J’ai un principe, celui de la séparation du pouvoir. Je ne me mêle pas des faits qui se passent avec la justice. Évidemment, comme le dit la constitution, je suis le magistrat suprême, sans juger, je peux m’enquérir bien-sûr de certaines situations sans m’immiscer dans les affaires de la justice, surtout lorsque cela suscite des polémiques”, a-t-il mentionné.

Et de préciser: “Chérubin Okende (…)  est mort dans des circonstances suspectes qui jusqu’à ce jour ne sont pas encore élucidées, malgré le fait que nous avons fait appel à des enquêteurs internationaux belges, par ma demande personnelle adressée au Premier ministre belge, sud-africains, français aussi… et la MONUSCO. Malgré tout ça, on prend le risque de désorienter l’enquête et l’opinion, je crois que ça peut intéresser la justice”.

Nonobstant cette précision du Président de la République, certaines associations Congolaises dont le Rassemblement  des journalistes pour l’émergence du Congo-RAJEC-, dénoncent toujours cette arrestation, qu’elles qualifient de “violations des droits des journalistes” et appellent ipso facto le gouvernement Congolais à la libération immédiate de l’homme de l’information certifiée, Stanis Bujakera Tshiamala.

Rappelons par ailleurs que les membres du RAJEC et d’autres journalistes étaient en sit-in ce mercredi 20 septembre 2023 devant le Palais de la Justice à Kinshasa.

Justice Kangamina Musingilwa