octobre 18, 2021

Le Regard

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Kinshasa : 200fc de plus imposés aux véhicules et motos avant l’achat de carburants à partir de 20h50 par les pompistes

Le Coronavirus bat son plein à travers le monde depuis 2019. Et pour réduire sa propagation, les autorités de chaque pays du monde ont décidé d’imposer des gestes barrières et des mesures anti-covid à leur peuple, selon l’évolution de la maladie.

La République démocratique du Congo n’a pas dérogé. Hormis les gestes barrières indiqués par les autorités sanitaires, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a édicté quelques mesures, dont le couvre-feu à partir de 22 heures. A la surprise générale, certains opérateurs économiques congolais profitent de ces mesures pour se faire de l’argent. 

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit-on. La réalité sur terrain révèle que des personnes malintentionnées en tirent réellement profit illégalement. Le Regard a effectué un travail de terrainqui a clairement prouvé que quelques stations-services profitent de cette mesure de couvre-feu pour soutirer malicieusement, une somme de 200 francs congolais aux acheteurs de carburants.

Cette aventure débute à partir de 20 heures 50 minutes jusqu’à la fermeture des stations.  Dès ces heures, l’opération commence. Les principales victimes de cette pratique sont, pour la plupart, des véhicules taxis et taxis-motos. Un échantillon des conducteurs des taxis-motos et des véhicules taxis de Kinshasa, se sont confiés à Le Regard, sous anonymat, ce vendredi 13 août 2021, de 20 heures à 21 heures.

Les conducteurs réagissent…

« Nous subissons cette pratique depuis le début du couvre-feu à Kinshasa. De 20 heures à 21 heures, si je paie 5000fc, le pompiste déduit 200fc de cet argent », a laissé entendre un taximan de la place Victoire. Un autre, conducteur de taxi-moto que nous avons loué à la 7ème rue de la commune de Limete pour la commune de Barumbu, a renchéri : « ils sont tous ‘même moral’. Je ne sais pas si ces pompistes tiennent des réunions par rapport à cette pratique, parce qu’ils font la même chose dans presque toutes les stations de Kinshasa ». Un autre encore, trouvé à la station Total de Barumbu, a rajouté : « nous sommes obligés de nous soumettre à leur caprice, sinon ils ne vont pas nous vendre du carburant à ces heures-là ».

Les pompistes…

De leur côté, plusieurs pompistes se sont abstenus de donner leurs réactions, visiblement par peur d’être dénoncés. Un seul pompiste de la Station-service KM Oil située dans la concession de l’aéroport de Ndolo, sur l’avenue Bokasa, vers le marché Zigida, s’est livré. « Ce n’est rien qu’une prime de retard, parce qu’à ces heures-là, nous sommes déjà fatigués. Alors, nous leur vendons le carburant par sacrifice. Et ce sacrifice mérite un salaire, 200fc ce n’est rien du tout », s’est-il justifié.

Par ailleurs, ces consommateurs ont appelé les autorités compétentes à veiller pour mettre fin à cette pratique qui n’est qu’un vol avec intelligence, qui ne dit pas son nom. « Les autorités doivent vite intervenir. Soit, que le Président de la République autorise aux stations-services de fonctionner normalement pour mettre fin à ce vol », a conclu un vieux taximan au volant.

René Kanzuku