Les modes de consommation de l’information évoluent rapidement en République démocratique du Congo. Une étude publiée par l’Institut de sondage «Les Points» met en lumière une nouvelle réalité du paysage médiatique congolais: l’influence d’un journaliste ne se mesure plus uniquement au nombre de ses abonnés sur un réseau social, mais également à la capacité de ses contenus à circuler et à être repris sur plusieurs plateformes.
Selon cette étude, le journaliste Barick Buema occupe la troisième place du classement des journalistes congolais les plus influents sur les réseaux sociaux. Une performance d’autant plus remarquable que son compte sur le réseau social X ne figure pas parmi les plus suivis du pays.
Pour les auteurs de l’étude, ce paradoxe illustre la profonde mutation de l’écosystème numérique congolais. «L’influence d’un journaliste ne se résume pas au nombre de ses abonnés sur X », souligne le rapport, précisant que ce classement ne correspond ni au nombre d’abonnés ni aux statistiques officielles de la plateforme d’Elon Musk.
La force de la diffusion au-delà de X
L’Institut «Les Points» explique que le positionnement de Barick Buema repose avant tout sur la large reprise de ses publications à travers différents canaux numériques. Avec près de 43 % des citations relevées dans l’étude, le journaliste bénéficie d’une importante circulation de ses analyses et de ses commentaires dans les groupes WhatsApp, où ils sont régulièrement partagés, commentés et rediffusés.
À cette dynamique s’ajoutent Facebook, Instagram et TikTok, qui contribuent également à amplifier la portée de ses contenus. Cette diffusion multicanale lui permet d’atteindre un public largement supérieur à celui de ses seuls abonnés sur X.
Le parcours professionnel de Barick Buema, passé notamment par AfricaNews, avant de rejoindre Top Congo FM, est également mis en avant par l’étude, qui estime que son label éditorial «Parole Écrite» s’impose progressivement comme une référence dans le débat public congolais.
L’étude souligne par ailleurs le rôle stratégique joué par WhatsApp dans la circulation de l’information à Kinshasa. Les groupes familiaux, professionnels ou communautaires sont désormais considérés comme de véritables espaces de redistribution de contenus journalistiques.
Facebook assure le relais des publications, Instagram renforce leur visibilité tandis que TikTok participe à leur vulgarisation auprès d’un public plus jeune. Dans cet environnement, une publication ayant une audience modeste sur X peut être reprise dans des centaines de groupes WhatsApp et toucher plusieurs dizaines de milliers de lecteurs sans que cette audience ne soit comptabilisée par les indicateurs traditionnels.
Une nouvelle manière d’évaluer l’influence
À travers cette enquête, l’Institut «Les Points» invite à revoir les critères d’évaluation de la notoriété numérique. Pour ses auteurs, l’influence d’un journaliste repose désormais davantage sur la capacité de ses contenus à être repris, relayés et discutés au sein des communautés en ligne que sur les seuls chiffres affichés par les plateformes.
L’étude conclut que le label «Parole Écrite», développé par Barick Buema, illustre cette nouvelle forme d’influence : une présence moins spectaculaire dans les statistiques de X, mais particulièrement forte dans les espaces numériques où se façonnent aujourd’hui les débats et l’opinion publique à Kinshasa.
Plus d'histoires
Le design graphique perd-il son âme face à l’IA?
La RDC est avant tout victime de ses propres filles et fils(Tribune)
L’Afrique vs la France dans un tournant géopolitique majeur (Tribune de l’Abbé Germain Nzinga)