octobre 30, 2020

Le Regard

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RDC: le FCC prépare le come-back de Kabila àla tête du pays en 2023

Plus les jours passent, plus ce dessein semble prendre corps. Joseph Kabila Kabange pourrait être sur le starting-block en 2023 pour conquérir le fauteuil présidentiel qu’il a quitté en 2019 après l’avoir occupé pendant 18 ans. S’il n’y a rien d’officiel jusqu’alors, certains propos et faits du camp Kabila portent à croire que l’autorité morale envisage bien d’effectuer son come-back en 2023.

Ngoy Kasanji a, à travers les medias annoncé ce mardi 8 septembre que les cadres du FCC réfléchissent déjà sur la
probabilité de voir le prochain président de la République être élu au second degré dans un tour unique. A cela s’ajoute la réalisation d’un spot publicitaire à la gloire de l’ancien Président de la République.

Ce spot, qui couvre d’éloges l’autorité morale du FCC, apparaît révélateur et dévoile, à demi-mot, l’intention de Kabila de briguer un nouveau mandat présidentiel. «C’est en 2023 que le peuple congolais décidera de nouveau sur le sort de son avenir au travers des urnes», évoque-t-on dans ce film d’un peu plus de 2 minutes.
Oui, les urnes. Car, Kabila, selon ce spot, a tracé «une ligne démocratique permettant au peuple congolais de renouveler ou changer son dirigeant après chaque durée quinquennale».

«Quelques années après l’alternance historique en République Démocratique du Congo, le peuple Congolais sur toute l’étendue du territoire national tire ses propres conclusions du résultat de l’alternance tant désirée durant plusieurs années», soutient le spot dans son introduction. Pression sur le partenaire de la coalition?
Pour certains observateurs, il est clair que Joseph Kabila a, par le biais de ce document audio-visuel, entamé sa pré-campagne.

Ils en veulent pour preuve ces propos: «En principal acteur de ladite alternance, Joseph Kabila a su mener durant tout son règne, à la tête du pays, une politique inclusive: «de 1+4 à la coalition FCC-CACH, Joseph Kabila s’est toujours montré disposé à toute union pouvant favoriser la paix du pays. Et ce, en dépit de toute responsabilité que tous ses partenaires politiques d’hier comme ceux d’aujourd’hui, lui rejettent». Puis: «Il passe au-dessus de ces guéguerres politiciennes et continue à œuvrer pour la stabilité politique et l’instauration d’une paix définitive afin de préserver l’unité du pays qui, hier, frôlait la balkanisation». Puis encore: «Trouvant le pays dans un chaos économique, politique, administratif et social sans précédent, Joseph Kabila a su, par sa politique pragmatique, remettre l’économie du pays sur les rails avec une stabilité monétaire durable qui avait pour finalité la réduction du taux d’inflation».

Testament ou bilan, chacun comprend à sa façon les propos de la narratrice du spot. L’idée de revoir Kabila compétir pour le fauteuil présidentiel a commencé à germer depuis 2019, soit avant même que le bénéficiaire de l’alternance, Félix Tshisekedi, ne totalise une année au pouvoir.

«Nous avons souhaité que l’initiateur du parti, le Président Joseph Kabila reprenne la présidence du parti, qu’il parte devant et que nous soyons derrière lui. Pour nous, le parti, c’est lui notre Président, lui notre candidat en 2023, ou même après, au-delà», avait déclaré, en octobre dernier, Jean Mbuyu, ancien ministre, cadre du PPRD, le parti de Joseph Kabila, et professeur de droit, à Radio Okapi. Et d’affirmer: «La constitution ne parle pas d’un sénateur à vie qui est interdit d’être candidat président… Il n’y a pas une disposition qui interdit expressis verbis cette attitude». Les analyses de Jean Mbuyu, approuvées par presque toute la crème des Kabilistes, sont cependant remises en cause par d’autres spécialistes de droit.

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