juillet 12, 2020

Le Regard

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RDC: l’occident a tué Lumumba, des politiques congolais insultent sa mémoire

«Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux… La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants », disait, tout fier, Patrice Emery Lumumba dans son célèbre et historique discours du 30 juin 1960.

En effet, cette date couronnait des années de lutte, des sacrifices consentis par nos pères pour redonner à un peuple toute sa dignité, le remettre à sa place d’homme libre.

«Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir lorsqu’il travaille dans la liberté…», martelait-il.

Mais tout cela, c’était sans savoir que les générations à venir, incapables d’assumer cette liberté, cette indépendance, s’atteleront à remettre hypocritement le Congo sous la botte du côlon.

Un peu plus d’une semaine avant la commémoration des 60 ans de l’accession de la RD-Congo à la souveraineté nationale et internationale, le 30 juin, la preuve la plus récente vient d’être apporter par un tweet de l’ambassadeur américain Mike Hammer, qui déjà pour bien narguer les congolais, s’est flanqué d’un nom nékongo « exotique » : Nzita.

On y lit : « @moise_Katumbi et moi avons échangé sur la meilleure façon de renforcer l’institutions démocratiques en RDC, notamment en veillant à ce que la CENI soit dirigée par une personne irréprochable… »

Dans un autre tweet, photo de l’appel illustrée également : « j’ai appelé @martinfayulu pour exprimer mes condoléances à la suite du décès de Pierre Lumbi. Nous avons discuté le renforcement des institutions démocratiques en RDC, en particulier la sélection d’un(e) chef (fe) de la @cenirdc indépendant (e) et sans reproche. »

Mais bien avant ces deux appels, le Cardinal Ambongo, tout de suite après avoir échoué à placer son neveu à la tête de la CENI, conscient de l’avoir lui-même retiré parce qu’il (Ebokoto Cyrille) n’avait pas la carrure nécessaire pour l’emploi, s’est rendu chez le même ambassadeur américain pour le même exercice « d’esclave à son maître » comme le qualifie un citoyen indigné, avant que Mike Hammer se rende chez Jean-Pierre Bemba, un autre leader Lamuka. Il ne manque plus que le tour d’Adolphe Muzito pour que la boucle Lamuka soit bouclée.

Curiosité : le Congo est-il une province américaine d’outre-mer ? Pourquoi la CENCO et Lamuka ont vite accouru auprès de Hammer pour parler de la désignation d’un président de la CENI congolaise ? Est-ce à ce dernier de valider l’indépendance d’une personnalité congolaise à placer à la tête d’une institution congolaise ? Est-ce ce simple diplomate américain qui incarne les attentes et les valeurs de tout un peuple ? Gardons à l’esprit que Ambongo avait retiré son candidat et soutenu le vrai pion Révérend Eale Bosela (ECC), candidat malheureux aux législatives de 2018 sur la liste « Alternance pour la république », regroupement politique de LAMUKA.

Etait-ce une personnalité indépendante et sans reproche ? Comprendra qui veut.

Simon Kimbangu, Lumumba, Okoti, Elengesa,… que des sacrifices pour rien

A l’époque des indépendance en Afrique et même un peu avant, une pensée européenne soutenait que « les noirs sont des singes, des gros enfants incapables de se gérer eux-mêmes ».

La conséquence logique à cette phrase était de maintenir ce peuple sous domination. Mais comment ? Facile. « Utilisons les uns contre les autres », se seraient-ils certainement dit. « Promettons leur le pouvoir ».

S’il avait une tombe, Lumumba s’y retournerait. Les Congolais font insulte à son combat au point d’effacer complètement son idéal d’indépendance aussi diaboliquement que l’occident a effacé ses traces physiques en le plongeant dans l’acide.

« Le comble est qu’à ce jour, bien que Mike Hammer agisse comme un petit gouverneur général du Congo, cela n’offusque personne. Et pire, des intellectuels s’en réjouissent parce que ‘Mike Hammer a dit’». Argument d’autorité ? Attitude d’esclave !

Des leaders congolais, religieux et politiques, montrent au monde ce qu’ils peuvent faire lorsqu’ils travaillent dans la liberté : se trouver un maître, s’inféoder allègrement. Et surtout grâce à la puissance médiatique et financière occidentale, embrigader des jeunes patriotes dans une démarche anti patriotique.

Matshi Darnell